Second maître Émilie, maître d’hôtel à bord de la FREMM-DA Alsace
Publié le 27/08/2025
Servir à table, son prochain et son pays. En s’engageant comme restaurateur (RESTAU) dans la Marine, le second maître (SM) Émilie a concilié sa passion pour le voyage et la tradition culinaire française. Elle parcourt ainsi les mers tout en cultivant l’art de la table.

«Une armée marche avec son estomac », martelait Napoléon. Pour paraphraser le 1er empereur des Français, on pourrait dit qu’un marin « navigue souvent, combat parfois, mais mange tous les jours ». L’importance de la restauration et du ravitaillement à bord des bâtiments de la Marine n’est plus à démontrer. Cette responsabilité nimbe d’un lustre non négligeable les métiers de la filière RESTAU et a immédiatement séduit le second maître Emilie. « Mon envie de voyage a trouvé une parfaite illustration dans le métier de maître d’hôtel où le mot service prend tout son sens. » Savoir dresser une table dans les règles de l’art à la française, contribuer à la réussite des forces en leur donnant les moyens de tenir dans la durée et se mettre au service de son pays s’inscrivent désormais dans le quotidien de la jeune femme. « Je me sens comblée. En deux missions, j’ai déjà découvert dix pays. J’ai un cadre de vie qui me plaît et ma spécialité me permettra d’évoluer. »
Depuis un an et demi, elle occupe le poste de maître d’hôtel sur la frégate multi-missions de défense aérienne (FREMM-DA) Alsace. À poste dès 6h30 pour la mise en place du petit-déjeuner, elle enchaîne avec le nettoyage du carré puis la plonge. Une accalmie passagère se glisse avec le dressage de la table du carré commandant. Comme sur la plupart des navires de la Marine, le service se fait à l’assiette. « J’ai eu des cours à l’École du commissariat des Armées afin de pratiquer en respectant parfaitement le protocole », précise-t-elle.
Les officiers supérieurs passent à table et profitent d’un moment de détente alors que le navire fait route vers Athènes. Le SM Émilie doit rester dans le timing dédié au repas. « J’ai un minuteur dans la tête », confie-t-elle. Le ballet des plats ne peut souffrir de temps mort. Après avoir servi le plat principal, Emilie repart rapidement en cuisine pour aller chercher la suite. Aujourd’hui c’est un dessert que cette férue de pâtisserie a elle-même concocté : un fondant au chocolat. Il est important pour elle que les membres du carré puissent s’y ressourcer pour ensuite accomplir au mieux leur mission.
Après le déjeuner, elle s’attelle à la confection de verrines à la mousse de chèvre et au tartare de poivrons puis passe au nettoyage avant d’aller servir des cafés en passerelle. « Il faut aimer courir un peu partout pour faire ce métier, je ne m’ennuie jamais ! », explique-t-elle, passionnée. « Le commis m’a enseigné les bases, comme l’art des prestations lors de réceptions de hautes autorités. Le commissaire m’a également donné de nombreux conseils. Quant aux membres d’équipage, ils m’ont bien accueillie à bord et j’ai rapidement pu m’intégrer ! ». La plus belle de ses récompenses : constater la satisfaction du carré après un repas.
À l’instar des autres marins, Emilie a d’autres rôles. Au poste de combat, elle tient celui de brancardier. L’obtention de sa certification PSE1 l’autorise à assister le médecin et l’infirmier à bord. Les exercices en mer sont quotidiens et durent 1h à 1h30. « Je dois rester vigilante car je peux être appelée à n’importe quel moment en cas d’alarme blessé. » De la cuisine au carré en passant par l’infirmerie, le SM ne dévie pas de son fil rouge : prendre soin des marins, moralement et médicalement, en toutes circonstances.

Focus : À l’école des RESTAU
Maillon central du moral des équipages, les métiers de la restauration rassemblent et fédèrent tous les corps de la Marine, du matelot aux hautes autorités. Les marins de la spécialité Restauration sont formés à l’École des spécialités du Commissariat des armées à Querqueville. Durant les trois mois et demi de leur scolarité, ils sont formés aux métiers de maître d’hôtel ou de commis aux vivres. Ils y apprennent les bases du service à table et de la comptabilité des vivres. Les élèves disposent ainsi de deux diplômes leur permettant d’exercer chaque métier. Ils pourront ensuite évoluer au service de hautes autorités à terre ou devenir chef de secteur, avec un volet managérial.
Meilleur souvenir ?
“ Lors de mon tout premier cocktail à Okinawa, au Japon, nous avons reçu des autorités japonaises à bord. J’ai eu à cœur de leur présenter les spécialités françaises, comme les toasts au foie gras ou les pains de spécialité préparés par le boulanger. J’étais heureuse de cet échange culturel avec eux et de constater que mon travail contribuait à la réussite de ce bel événement. “