Wildfire : le drone, ce game-changer qui va transformer nos modes d'action
Publié le 12/11/2025
Du 29 septembre au 3 octobre, a eu lieu au large de Toulon la cinquième édition de l’exercice Wildfire. Pour la première fois, des marines alliées ont été conviées.

Dédié à la lutte anti-drones (LAD) aériens (UAV), de surface (USV), semi-immergés et sous-marins (UUV), Wildfire prépare les unités des Forces d’action navale et de l’aéronautique navale prochainement déployées.
Roumanie, Danemark, Pologne, Allemagne. La menace drone grignote les espaces aériens et s’invite aujourd’hui sur tous les théâtre d’opérations. « Le drone est un game-changer qui va bouleverser nos modes d’action », prophétise le commandant de la frégate multi-missions de défense aérienne renforcée (FREMM DA) Lorraine, le capitaine de vaisseau Laurent Toncelli. À l’aube, quelques minutes avant d’appareiller depuis Toulon, le commandant explique à ses marins que l’exercice Wildfire n’est pas un jeu. Ses dires seront d’ailleurs corroborés par l’actualité lorsque les services secrets allemands alertent sur la possibilité d’une attaque contre l’OTAN avant même 2029. Les applications de Wildfire sont extrêmement concrètes. « Les récents engagements effectués par plusieurs frégates en mer Rouge et en Méditerranée-Orientale en témoignent. » Les deux-tiers de l’équipage gardent une mémoire vive du déploiement de l’an passé où la Lorraine avait répondu à la menace houthie. « Même avec des bouchons d’oreilles, j’ai l’impression d’entendre encore le rappel au poste de combat quand je dors », glisse un second maître, qui, pour rien au monde ne cèderait sa place à un autre.
Pour répondre à la menace, la Marine nationale teste des détecteurs et des brouilleurs avec ceux-là mêmes qui les construisent. « Wildfire mélange innovation et entraînement avancé dans une démarche Perséus qui permet d’intégrer avec agilité de nouvelles solutions industrielles. »
À bord, le foisonnement de l’innovation induit une ambiance singulière, mélange de stress et d’excitation liée à la nouveauté. La première phase d’expérimentation sert « à tester nos équipements sans pression opérationnelle » et la seconde « plus tactique – LIVEX –, où on se rapproche des conditions du combat ». En passerelle et dans le central opérations, au moment de traquer le drone, l’adrénaline monte. Leur neutralisation est la résultante d’un ballet parfaitement orchestré qui « nécessite aussi de la fluidité avec les industriels ».
La nouveauté de cette édition ? « Essentiellement l’ouverture à l’OTAN ! » Un hélicoptère Wildcat britannique a participé, ainsi que des observateurs italiens, grecs et turcs, des militaires du service technique de l’armée de Terre et un représentant de la Direction générale de l’armement (DGA) et du Centre d’expertise des programmes navals (CEPN).
Cette année, on pousse le curseur encore plus loin : « En face de nous, les compétiteurs accélèrent leur innovation sur les drones. Nous devons aller plus vite qu’eux ». Le commandant se dit confiant : « Je peux compter sur un équipage aguerri, qui a été confronté à des menaces réelles ; il est donc prêt à partir au combat. »
Retrouvez la vidéo bilan de l'exercice Wildfire :