Un binôme de marins en finale du Trident d’Or

Publié le 09/12/2025

Auteur : ASP Clara Molinas

Les 26 et 27 novembre ont eu lieu les épreuves de qualification du concours culinaire du ministère des Armées, le Trident d’Or, auxquelles ont participé le maître Guérin et le maître principal Martin.

Image du trident d'or sur une table plein de fruits et légumes

C’est à l’école des spécialités du commissariat des armées (ESCA) à Cherbourg que démarre cette 6e édition du Trident d’Or. Organisé par le Commissariat des armées tous les deux ans, ce concours culinaire valorise le savoir-faire des chefs du ministère des Armées. 23 équipes, venues de Brest, Castelnaudary, ou même de Nouvelle-Calédonie, se sont affrontées pour décrocher leur sésame en finale. Un binôme un peu particulier a su séduire à la fois le jury technique et le jury dégustation, il s’agit du maître (MT) Sébastien Guérin et du maître principal (MP) Yannick Martin, représentant le palais de l’Élysée.

La rédaction de Cols Bleus s’est rendue dans les cuisines de la présidence de la République pour les rencontrer.

Comment avez eu l’idée de participer au Trident d’Or ?

MP Yannick Martin : C’était ma dernière chance de participer à un Trident d’Or. Je tenais absolument à saisir cette occasion, c’était très important pour moi, d’autant que nous avons été formidablement soutenus par la Marine mais aussi par la restauration de la présidence de la République et son chef Fabrice Desvignes, Meilleur Ouvrier de France et Bocuse d’Or.

MT Sébastien Guérin : J’avais déjà participé pour une autre équipe au Trident d’Or 2019 et j’en gardais des très bons souvenirs. Avec le MP Martin, nous nous entendons très bien donc former un binôme nous est apparu comme une évidence.

Comment vous êtes-vous préparés pour la compétition ?

MP Y.M. : On a fait des sessions d’entraînement « blancs », autrement dit en conditions réelles. On en a réalisé trois en quatre jours, la semaine avant de partir à Cherbourg. Le MT Guérin était aux championnats du monde de tourte au gibier juste avant, ce qui nous a obligés à nous plonger dedans très vite.

MT S.G. : En outre, c’est un concours très cadré. Dans notre dossier d’inscription, nous avons dû envoyer des photos de notre plat et de notre dessert tels qu’ils seraient très précisément le jour j. Nous devions aussi fournir une liste complète de nos ingrédients, en respectant un budget d’un peu plus de 51 euros pour 14 assiettes, sept plats et sept desserts, tout en prenant en compte les quota de produits biologiques notamment. On ne plaisante pas avec l’armée !

portrait d'un des participants

Comment se sont passés ces deux jours de compétition pour vous ?

MP Y.M. : J’étais très stressé. Heureusement tout le monde était bienveillant et avait envie de partager ce moment. L’ambiance s’est révélée chaleureuse et j’ai constaté une belle transmission, que ce soit avec les jurys mais aussi avec les apprentis qui avaient leur propre concours en même temps.

MT S.G. : Dès le premier jour, on nous a accolé le surnom de « le binôme de l’Élysée ». C’est la première fois qu’un binôme de la présidence concourt. Ça rajoute un peu de pression maison s’en est servi pour se motiver encore davantage. Au final, nous sommes très fiers des assiettes concoctées.

Quelle a été la plus grosse difficulté que vous ayez rencontrée ?

MP Y.M. : Le temps a été notre plus grand ennemi. Le plus dur a été les deux premières heures, au terme desquelles on devait sortir notre plat.

MT S.G. : On s’est rendu compte sur place qu’on ne s’était pas entraînés dans les conditions exactes. Par exemple, on ne commençait pas avec les marchandises sur la table, il a fallu aller les chercher, ce qui enlève une bonne dizaine de minutes. De même, les ustensiles et produits n’étaient pas tout à fait les mêmes qu’à l’entraînement, le four était beaucoup plus loin, etc. Mais on n’est pas marins pour rien, nous n’avons eu d’autre choix que de nous adapter.

Portrait d'un des participants

En quoi ce concours est-il important pour vous ?

MP Y.M. : L’image du cuisinier dans les armées change, elle s’est nettement améliorée. Aujourd’hui on différencie un commis d’un chef, d’un maître d’hôtel alors que cela n’a pas toujours été le cas. Nous sommes reconnus pour notre rôle à bord, car le plus important pour le moral c’est de manger ! Peu importe leur grade ou leur fonction, tous les marins apprécient les repas qui sont de vrais moments de partage et de convivialité, nécessaires à leur équilibre.

MT S.G. : Ce concours permet de montrer qu’il existe de très bons cuisiniers sur les bateaux, dans les ministères et dans les régiments. Grâce à cette aventure, nous avons pu mettre en avant notre beau métier. Nous aurons réussi notre mission le jour où des jeunes recrues nous pousseront dehors, parce qu’ils seront meilleurs que nous.  Les jeunes nous ramènent un vent de fraîcheur agréable. Nous avons eu tous les deux la chance grâce à la Marine de voyager, de travailler des produits exotiques. Il ne faut pas se poser de limite et saisir toutes les opportunités qui se présentent, à l’instar du Trident d’Or.

Portrait des deux participants au trident d'or avec le chef

 

Prochaine étape : le 23 avril à Lyon pour la finale nationale. À la clé, une place pour le meilleur binôme au concours mondial de la cuisine militaire, aux États-Unis. Une compétition que nos deux chefs ont évidemment en ligne de mire : « Nous n’irons pas à Lyon pour une visite de courtoisie ! », conclut le MT Guérin. Une détermination à toute épreuve pour ce binôme, seule équipe à pouvoir ramener le Trident d’Or à la Marine.