Trafics de stupéfiants : alerte au tsunami blanc

Publié le 04/03/2026

Auteur : Nathalie Six

Dans le cadre de l’action de l’État en mer, la Marine nationale est engagée à lutter contre les trafics illicites.

Parmi eux : les stupéfiants. La tendance mondiale est à l’accélération sans précédent des flux, notamment de cocaïne et de drogues de synthèse. En 2024, sur les 4 000 tonnes de cocaïne produites dans le monde, 53,5 tonnes ont été saisies par les services français. L’année dernière, ce chiffre a quasi doublé.

Pas une semaine sans que les sujets « narcotrafic » ne fassent la Une des journaux radiotélévisés et de la presse écrite. Le 4 février, Ouest-France titrait : « 1,4 tonnes de cocaïne saisies en haute mer par une frégate de la Marine sur un navire en provenance d’Amérique du Sud. Les trois personnes impliquées ont été remises aux autorités brésiliennes ». Le même jour, à des milliers de kilomètres dans la zone Pacifique cette fois, ce sont plus de 4,2 tonnes qui ont été saisies sur un navire. En janvier, toujours en Polynésie française, 4,87 tonnes ont été interceptées sur un navire de pêche. Le 28 janvier, une prise de 677 kg a eu lieu sur un bateau de pêche barbadien dans la zone maritime des Antilles, et le 14 décembre, la Marine avait stoppé un bateau de pêche, avec à son bord 138 ballots de cocaïne pour un total de 4,2 tonnes. Cinq personnes ont été interpellées et ramenées à Fort-de-France. Les chiffres se suivent et se ressemblent. De quoi donner le tournis. Ils reflètent le bond phénoménal du commerce de la drogue dans le monde.

Face à ce « tsunami blanc » qui menace la société, l’État français s’organise. Pour y faire face, une loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic » a été promulguée le 13 juin 2025, venant compléter l’arsenal juridique préexistant. Son objectif : se doter de moyens de lutte efficaces et pertinents, à commencer par la création d’un Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), sur le modèle du Parquet national financier (PNF), entré en fonction en janvier 2026.

La stratégie du bouclier

Dans cette « stratégie du bouclier », la Marine est un levier essentiel du dispositif. Elle assure, au large, la protection du territoire dans le cadre de l’action de l’État en mer, en lien avec le Secrétariat général de la mer, lui-même agissant sous la direction du Premier ministre. Comment l’articulation s’opère-t-elle entre la Marine, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) et la Direction nationale garde-côtes des Douanes (DNGCD), l’Office anti-stupéfiants (OFAST), la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS), le ministère des Affaires étrangères, la gendarmerie maritime, la Justice et la Police judiciaire ? Cols bleus a enquêté sur cette collaboration nationale interservices, à laquelle s’ajoute un échelon international avec des partenaires comme le centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants (MAOC (N)), la National Criminal Agency (NCA) britannique et la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine. « La parfaite coopération entre les acteurs nationaux et internationaux de la lutte contre les stupéfiants est la clé. C’est ce qui a permis d’obtenir ce résultat remarquable », analyse le préfet maritime de l’Atlantique, le vice-amiral d’escadre Jean-François Quérat, à propos de la prise du 4 février.