Service national : qui sont les premiers jeunes à s'engager ?

Publié le 19/08/2026

Auteur : Océane Caloin

Le service national (SN) permet aux jeunes volontaires de 18 à 25 ans d’intégrer les forces armées pendant 10 mois. Cols bleus donne la parole aux candidats ainsi qu’aux marins chargés de les recruter.

« J’avais envie de réaliser une immersion totale dans la Marine en sortant de ma zone de confort », explique Lou, volontaire du SN qui s’envolera pour La Réunion à la rentrée, en spécialisation opérateur manœuvrier. Comme elle, jusqu’à 600 jeunes débuteront dès septembre leur immersion dans la Marine grâce à ce nouveau contrat. Dans les centres d’information et de recrutement des forces armées (CIRFA), les conseillers accueillent les candidats depuis janvier. Dans les CIRFA du Grand Est, le SN a déjà attiré une cinquantaine de jeunes. Cet engagement s’explique, selon le premier maître (PM) Jean-Baptiste, conseiller au CIRFA de Troyes, « par l’image et les valeurs associées à la Marine ». Il continue : « Ceux que j’ai eus en entretien ont tous démontré un intérêt pour l’Institution et s’interrogeaient sur un éventuel engagement après leurs études. La possibilité de voyager et de changer d’univers les intéresse énormément ».

Le SN se distingue des autres contrats de primo-embarquants proposés par son format. Les volontaires, sous statut militaire, sont logés, nourris, bénéficient de 75 % de réduction sur leurs trajets en train et sont rémunérés à hauteur d’environ 800 € par mois. Sa durée relativement courte séduit également les jeunes qui ne se destinent pas forcément à une carrière militaire. « Ce qui les convainc aussi, c’est la forme de cette immersion de 10 mois. C’est une expérience assez longue pour que le candidat découvre et expérimente, mais assez courte et rythmée pour savoir si ce parcours lui convient, sans ˝perdre˝ une année », explique le lieutenant de vaisseau (LV) Anaïs, chargée du recrutement officiers dans la région. En effet, si l’élève a été accepté dans une formation supérieure via la plateforme Parcoursup, sa place est conservée l’année d’après. Ainsi, en indiquant qu’il fait une césure avec le SN, il pourra reprendre ses études avec une expérience Marine nationale en poche. Une sécurité qui a conforté Lou dans son choix : « C’est toujours rassurant de savoir qu’on a une porte de sortie. Même si je sais que je veux m’engager dans la Marine, j’avais quand même sécurisé mon vœu principal au cas où je ne réussirais pas les tests d’aptitudes ».

 

Accueillir, conseiller et accompagner

En arrivant dans un CIRFA, les jeunes s’entretiennent avec un conseiller. Si certains arrivent déjà avec un projet professionnel précis, d’autres ont besoin de cet accompagnement pour les orienter vers le contrat le plus adapté à leur profil, leurs compétences et leur motivation. Le SN permet aux conseillers de proposer une nouvelle formule qui peut intéresser des profils variés : « Beaucoup de candidats sont issus de Bac professionnels mais aussi de BTS, de Bac généraux, de CAP Hôtellerie, ou encore de BUT réseaux télécommunication », confirme le LV Anaïs. Cette diversité reflète celle des spécialisations de la Marine, proposées pendant la période de neuf mois d’immersion dans des unités embarquées ou à terre : gendarme maritime, opérateur protection défense, opérateur manœuvrier, opérateur de piste, assistant électricien, opérateur numérique… L’objectif est de permettre à ces jeunes de travailler aux côtés des marins d’active dans un esprit de transmission et d’apprentissage. En tant qu’engagés, ils porteront l’uniforme et un grade équivalent à leur niveau d’études : matelot ou aspirant après un Bac+3. Toutefois, les « appelés du service national », ne pourront pas participer à des missions hors du territoire national, mais pourront devenir réservistes s’ils le souhaitent à la fin de leur service.

 

Le service national est assez long pour découvrir la Marine et savoir si l'on veut s'engager

 

Au-delà d’une découverte de la Marine, beaucoup voient dans le SN un atout pour leur avenir professionnel. « C’est très valorisant sur un CV. Le service national est une forme d’engagement donc il sera valorisé par les recruteurs peu importe le milieu professionnel vers lequel le jeune se destine à la fin de cette année », affirme le PM Jean-Baptiste.

Une transmission et un esprit d’équipage ressentis dès l’entretien préalable : « Certains conseillers ont dans leur bureau des planisphères représentant les endroits où ils se sont rendus grâce à la Marine. Il leur arrive de s’appuyer dessus pour raconter leur expérience de marin », confie le LV Anaïs. « Les candidats étant très curieux de savoir à quoi ressemble notre vie, en particulier sur un bâtiment, parler de notre expérience est primordial pour les conforter dans leur choix du SN », ajoute le PM Jean-Baptiste.

L’année prochaine, 200 postes supplémentaires seront ouverts aux jeunes du SN Marine, incluant de nouvelles spécialités pour que les volontaires découvrent les 80 métiers composant l’Institution.

 

  • Pour en savoir plus sur le service national, cliquez ici !