Service logistique de la Marine à Toulon : les chaudronniers prennent de la hauteur
Publié le 15/06/2026
Ce printemps, intervention inédite pour les marins du service logistique de la Marine (SLM) de Toulon.

C’est en effet à 160 km de Toulon et à 880 mètres au-dessus du niveau de la mer qu’ils ont réalisé des travaux de chaudronnerie au profit du site d’essai du lac de Castillon de la Direction générale de l’Armement (DGA).
Le centre d’essais et d’expertises techniques navales de Toulon de la DGA dispose, sur le lac de Castillon (04), d’un site où sont réalisés les essais des coques des futurs bâtiments de la Marine. Pour pouvoir y immerger les lourdes maquettes qui y sont testées, la DGA met en œuvre depuis les années 1960 un imposant système d’immersion. Celui-ci a subi des dommages lors d’une opération de maintenance. Compte tenu des dimensions de l’objet, impossible de le déplacer. Les réparations devaient être effectuées sur place. C’est la raison pour laquelle la DGA s’est adressée au SLM Toulon. Pour faire face aux défis du maintien en condition opérationnel (MCO) de la flotte, le SLM s’est en effet récemment doté de nouvelles machines-outils modernes et a acquis de nouvelles compétences.
Concevoir
Après avoir consulté les plans et s’être rendue sur place pour voir le chantier, l’équipe du SLM, en collaboration avec la DGA, a entamé la phase de conception des pièces à changer. « Pour certaines, dont les plans ou les cotes n’existent plus, la DGA a dû les scanner sur place », indique l’un des membres de l’atelier chaudronnerie du SLM, le premier maître Ludovic. « Cela nous a permis de les re-fabriquer à l’identique. Nous avons pu aussi nous appuyer sur les autres ateliers du SLM : productique ou encore mécanique. Cette complémentarité c’est notre force au SLM », ajoute-t-il.
Réaliser
Après presque un mois de conception puis de réalisation des pièces en ateliers, il était temps de se rendre sur place. En effet, les travaux doivent être terminés avant l’été, le lac y sera à son plus haut niveau, seule fenêtre permettant de réaliser les opérations de grutage. « Du 23 au 27 avril, nous nous sommes rendus au lac, nous avions deux défis à y relever », explique le chef d’équipe, le second maître James. Le premier, remettre en état une traverse métallique qui avait été pliée. Il a fallu la couper, mettre en place des manchons de raccord et ressouder le tout, un exercice complexe, lorsque la pièce mesure 14 mètres de long et pèse plus de 800 kg. » Deuxième défi, souder sur la plateforme principale quatre supports de mors. Des pièces sur lesquelles des mâchoires viennent se serrer lorsque la plateforme fonctionne. Fabriquées par les ateliers du SLM, elles pèsent 80 kg chacune. « Nous n’étions pas trop de quatre pour les mettre en place et les souder », indique le second maître. Cette intervention du SLM sur ce dispositif n’était qu’une première étape de sa réparation, elle a permis de démontrer la pleine collaboration de ces deux acteurs du ministère des Armées que sont la DGA et le SLM.