Second maître Simon, mécanicien d'armes sur le patrouilleur de haute mer EV Jacoubet
Publié le 06/03/2026
De l’École des mousses à une carrière de mécanicien d’armes, le second maître Simon illustre la diversité des possibilités de carrière offertes dans la Marine.

Portrait d’un marin passionné toujours prêt à se « retrousser les manches ».
Dès le collège, Simon se passionne pour le métier d’artilleur de l’armée de Terre, « mais c’est en voyant régulièrement mon voisin rentrer chez lui en uniforme de marin que je me suis finalement tourné vers la Marine », se souvient le natif de Morlaix. Une fois son brevet des collèges en poche, il entre donc à l’École des mousses. « Je me croyais préparé à cette formation mais j’ai eu de belles surprises. L’École est très fidèle à sa réputation, c’est une véritable école de la vie », sourit Simon.
À sa sortie, en attente de son cours QMF (quartier-maître de la flotte), il embarque pour la première fois à l’occasion d’une mise pour emploi sur le bâtiment de commandement et de ravitaillement (BCR) Somme. Ayant choisi la spécialité de fusiliers marins, il est formé à Lanester avant d’être affecté au groupement de fusiliers marins (GFM) de Brest. « C’était l’aboutissement d’un long cursus, j’entrais enfin dans le métier en faisant du service, des entraînements, etc. », se rappelle-t-il. Pendant quatre ans, il apprend les fondamentaux de la spécialité : « Le passage au GFM m’a fait passer de garçon à jeune homme ».
En 2018, Simon est affecté sur le patrouilleur de haute mer (PHM) Commandant Blaison comme adjoint au capitaine d’armes. Une nouvelle facette du métier de fusilier marin, mais aussi « la première fois où je découvre une Marine complètement mélangée, où toutes les spécialités et tous les métiers travaillent ensemble pour des patrouilles en mer Baltique ou lors de missions Corymbe par exemple ». Pour le jeune marin, cette affectation est « parfaite pour apprendre les rudiments de la vie en mer et pour passer des qualifications ». En 2022, Simon amorce un changement de spécialité pour se rapprocher encore plus de son rêve de toujours : entretenir les armes. Il obtient un brevet d’aptitude technique (BAT) de mécanicien d’armes au Pôle écoles Méditerranée (PEM) « C’était un véritable challenge pour moi de tout apprendre : la balistique, les munitions, etc. Au début c’était des cours théoriques puis on a pu un peu plus pratiquer mais tout était hyper intéressant », apprécie le second maître.
Breveté mécanicien d’armes (MEARM), Simon est affecté à l’alerte de la Force d’action navale à Brest, prêt à embarquer sur un bâtiment dans le besoin qui appareille. Aujourd’hui affecté sur le PHM Enseigne de vaisseau Jacoubet, il est heureux de « mettre les mains dedans », Simon a désormais deux objectifs : se former à la mise en œuvre des drones depuis des navires, « un domaine d’avenir » selon lui, et être affecté outre-mer. Un cap qu’il s’apprête à passer puisqu’à l’été il sera chef tourelle sur la frégate de surveillance (FS) Floréal à La Réunion. « La preuve que la Marine offre une multitude de possibilités si on se donne un peu pour elle », conclut-il.
Parcours
2013 : Entrée à l’École des mousses de Brest
2014 : Formation à la spécialité fusiliers marins à Lanester
Affectation au groupement de fusiliers marins de Brest (devenu le bataillon de fusiliers marins Amyot d’Inville)
2018 : Affectation sur le patrouilleur de haute mer Commandant Blaison en tant qu’adjoint au capitaine d’armes
2022 : Changement de spécialité et entrée au BAT mécanicien d’armes à Saint-Mandrier
Affectation à l’alerte de la Force d’action navale à Brest
2023 : Affectation sur le patrouilleur de haute mer Enseigne de vaisseau Jacoubet

Mon meilleur souvenir ?
Lors de mon BAT MEARM au Pôle écoles Méditerranée (PEM) j’étais dans le même poste qu’un ami à moi et qu’un élève de la marine sénégalaise, accueilli au PEM avec de nombreux autres marins d’autres nations. À la fin de nos cours nous avions rigolé sur l’idée de se recroiser tous les trois lors d’une mission… Et c’est arrivé ! En 2023, en pleine mission Corymbe à bord du Jacoubet avec mon collègue du BAT, nous avons croisé le navire de notre ami et avons même fait escale au Sénégal. On a pu rencontrer ses enfants et toute sa famille dont il nous avait montré des photos durant nos cours. C’était très émouvant de se revoir et de partager à nouveau des moments ensemble. C’était l’illustration parfaite de la fraternité qui existe entre la Marine française et la marine sénégalaise, et plus généralement entre les deux pays.
Focus sur la spécialité « MEARM »
Le mécanicien d’armes (MEARM) est chargé d’entretenir et de mettre en œuvre l’armement des navires de la Marine. Particulièrement débrouillard, le MEARM est aussi à l’aise avec les systèmes hydrauliques qu’électriques qui composent les armes.
