Patrouilleur Antilles-Guyane : embarquement immédiat pour une prise narcops

Publié le 09/03/2026

Auteur : ASP Clara Molinas

Les routes de la drogue évoluant, les patrouilleurs Antilles-Guyane (PAG) interviennent dans le cadre de l’opération de lutte contre le narcotrafic en coordination avec les FAA.

Un de leurs commandants, le capitaine de corvette (CC) Pierre-Yves, ainsi que le second maître (SM) Shania, pilote d’embarcation rapide, nous racontent leur dernière prise.

« On n’a pas rendez-vous avec les trafiquants,sourit le CC Pierre-Yves.Les missions de lutte contre le narcotrafic n’attendent pas la fin des réparations du bateau ou le retour des permissions. » Dans le cadre de ces missions, souvent imprévues pour l’équipage, les navires de la Marine basés en Martinique et en Guyane ont saisi plus de 60 tonnes de stupéfiants en haute mer dans la zone en deux ans.

L’état-major embarqué reçoit tout d’abord les renseignements tactiques de son contrôleur opérationnel, comme la dernière position connue du « client » ou la possibilité d’un soutien aérien. Pendant que le commandant prépare sa manœuvre, l’équipage s’organise pour cette opération particulière. Arrivé sur zone, il aura fallu près de 24 heures de chasse au radar pour repérer le suspect.

Le SM Shania met à l’eau son embarcation. Elle y embarque les membres de l’équipe de visite, chacun portant jusqu’à 30 kilos de matériel. Le « VERT ACTION » est ordonné, le second maître s’engage au contact du client. Son action doit être rapide, l’adversaire pourrait se saborder ou tenter de jeter sa cargaison. L’équipe de visite monte à bord, et l’action est quasi-immédiate. L’équipage est maîtrisé, son capitaine appréhendé, le bateau fouillé. L’équipe de visite rend compte au PAG : « Client sécurisé ».

Après plusieurs heures de recherche, la marchandise est enfin détectée derrière une double cloison dans une des trois soutes à carburant. Le transport de drogue dans les eaux internationales constitue une infraction au droit de la mer que le CC Pierre-Yves est habilité à constater. Cette fois, l’équipage est retenu à bord, la cargaison stockée et un ballot est échantillonné. Si parfois « une certaine misère sociale est constatée parmi les marins qui transportent la drogue, comme l’observe le CC Pierre-Yves,  il n’en demeure pas moins que le trafic de stupéfiant repose sur des organisations criminelles structurées usant d’une violence décomplexée et de corruption.» Une fois à terre, les services de police prennent le relais.

Aujourd’hui, un cinquième du potentiel technique annuel du PAG est pris par des missions de lutte contre le narcotrafic. « C’est conjoncturel de l’évolution du trafic de stupéfiants. La production explose, tant qu’il y a de la demande le trafic suivra, mais nous aussi. Plus nous serons efficaces, plus ça leur donnera du fil à retordre », conclut le commandant.