PA-NG : A quoi servira le France Libre ?
Publié le 17/07/2026
Cols bleus lève le voile sur la construction et les ambitions du futur fer de lance du groupe aéronaval (GAN) à l’horizon 2038. Fini le halo de secret.

Officiellement lancé fin 2025, PA-NG a longtemps été entouré d’un halo de secret. Cette aventure technologique, industrielle et humaine occupe la Marine nationale et la Direction générale de l’armement (DGA) depuis déjà cinq ans.
Il a désormais un nom ! Depuis le 18 mars, le PA-NG répond à l’appellation de « France Libre », révélée par le président de la République sur le site de Naval Group à Indret. À quoi ressemblera le futur fer de lance du groupe aéronaval français ? « 78 000 tonnes pour 310 mètres, 40 aéronefs et propulsion nucléaire », un triptyque assez pratique pour résumer ce navire de combat capable de créer, en tandem avec son groupe aérien embarqué (GAé), une bulle d’hypersupériorité locale en toute autonomie.
La feuille de route du nouveau porte-avions n’a jamais consisté à « refaire le Charles de Gaulle en mieux ». Dès sa conception, le France Libre a été pensé comme une plateforme de supériorité aéromaritime capable de produire une vaste gamme d’effets dans tous les domaines de lutte, au sein d’un réseau de combat collaboratif dont il sera une pièce maîtresse. Objectif : allier la puissance militaire d’un porte-avions – mobilité, autonomie, polyvalence – à la modernité technologique.
Les trois piliers de sa performance
Premier pilier : la taille. Le France Libre mettra en œuvre et soutiendra dans la durée un GAé « hybride » (alliant une trentaine de chasseurs habités et de drones, plusieurs avions de guet aérien E-2D et une demi-douzaine d’hélicoptères). Cela est rendu possible par la surface du pont d’envol, le volume du hangar, les équipements de soutien aéronautique, le stock de carburéacteur, ou encore le volume des soutes à munitions.
Deuxième pilier : la continuité dans l’activité aérienne. Tandis que le PA-NG sera capable de catapulter et de faire apponter simultanément des avions, le temps de mise en œuvre sera également diminué grâce à une architecture à trois rails de catapultes, à des ascenseurs aviation capables de manœuvrer avec deux chasseurs, à des débits de carburéacteurs permettant de faire le plein plus rapidement et à des salles d’alerte facilitant les flux humains.
Troisième pilier : la résilience. Cela s’incarne dans la vitesse et la manœuvrabilité du France Libre, la fiabilité de sa production et de sa distribution d’énergie (principalement sous forme électrique), la redondance naturelle de ses installations, ses capacités de lutte contre les sinistres, son insensibilité à certaines agressions, et sa capacité à opérer par mauvais temps.
La modernité du France Libre
Le France Libre aura, en outre, une architecture numérique centrée sur la donnée, qui bénéficiera à son système de direction de combat (SDC), le plus moderne de la flotte. Il bénéficiera nativement d’une infrastructure informatique permettant de capter, stocker et exploiter les données qui y circulent. Enfin, le GAN de 2040 autour du France Libre a été pensé comme un réseau de senseurs et d’effecteurs où toutes les unités coopèrent pour acquérir la supériorité informationnelle, décisionnelle et dans l’engagement. La continuité entre les centres de commandement à terre, les navires du GAN et les aéronefs du GAé ouvre une nouvelle ère du combat collaboratif.