Nouvelles drogues de synthèse : il neige en Polynésie française
Publié le 06/03/2026
Déjà plus de 11 tonnes saisies depuis le début de l’année 2026.

Ce triste record vient rappeler que la Polynésie française se trouve sur la route transpacifique des narcotrafiquants, reliant l’Amérique latine à l’Australie. Et bien que la majorité ne fait que transiter au large des lagons bleus du Pacifique, le Haut-Commissariat annonce la saisie de plus de 50 kilos de méthamphétamine à destination de la Polynésie dans son bilan d’action 2025. Surnommée localement « Ice », gros plan sur cette drogue de synthèse, un fléau nouveau pour la population polynésienne.
L’Ice, quésaco ?
Produite aux États-Unis, la méthamphétamine est dissimulée dans des conteneurs, des valises voire des produits manufacturés, ou in corpore. Réduction chimique de l’éphédrine, molécule présente dans des décongestionnants nasaux, le composant est ensuite mélangé à des solvants improvisés, tels que de l’antigel, du détachant, ou encore du lithium de batterie. Le résultat : des cristaux blancs semblables à de la glace, qui pendant neuf heures stimulent la concentration, la performance et la libido. Donnée aux combattants lors des deux guerres mondiales, la substance augmente le risque d’accidents cardio-vasculaires et de maladies neurodégénératives comme Parkinson.
Quel impact en Polynésie ?
Le ministère de la Jeunesse et des Sports du pays estime « le nombre de consommateurs à environ 30 000, trois fois plus qu’il y a trois ans. » Leur enquête Ea Piahi établit que « la consommation et le trafic de méthamphétamine contribuent à une augmentation significative de la délinquance.» Moetai Brotherson, président de la collectivité ultramarine, a annoncé affecter l’équivalent
de deux millions d’euros chaque année à la prévention et au sevrage.
Il n’y a pas que les drogues qui évoluent, les façons de s’en procurer aussi. En décembre dernier, la gendarmerie de Polynésie française a démantelé un cyber-point de deal sur Facebook. Le trafiquant avait ouvert une boutique en ligne, où il proposait de l’Ice et du cannabis, photos, prix et quantités à l’appui. Une opération qui rappelle l’importance d’une coordination des forces et des moyens sur le terrain, et désormais dans le cyberespace.