Mission d'aide humanitaire au Mozambique, le Champlain au service des populations

Publié le 22/04/2026

Auteur : ASP Clara Molinas

Parti de La Réunion fin janvier, le bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) Champlain a été dérouté dès son deuxième jour de mission afin de livrer du fret humanitaire au Mozambique.

1 000 rations de combat, 2 000 litres d’eau, 40 kits d’hygiène et près de 30 tonnes de gasoil ont été livrés à la Marine du pays, victime de fortes inondations. Moins d’une semaine plus tard, le cyclone Fytia frappe Madagascar. Le BSAOM prend immédiatement la direction du village de Soalala, privé d’eau et d’électricité.

« Ce sont des missions hors du commun, plus complexes, mais également plus exaltantes », affirme le capitaine de corvette (CC) Matthieu Poncelin de Raucourt, commandant du bâtiment. Alors que le Champlain a entamé sa tournée de ravitaillement des îles Éparses : Europa, Juan de Nova puis Les Glorieuses, les marins du BSAOM ne savaient pas encore qu’ils auraient à rajouter deux destinations dans le canal du Mozambique. Imprévues, ces missions d’aide humanitaire ont demandé professionnalisme, combativité et résilience aux 24 membres d’équipage, et aux six marins du bataillon de fusiliers marins embarqués en renfort. Tout comme en décembre 2024 après le passage du cyclone Chido à Mayotte, l’équipage du Champlain s’est distingué par son adaptabilité. « C’est déroutant car les informations tombent au jour le jour, témoigne l’aspirant (ASP) Florian, adjoint au commandant adjoint navire. Mais on ressent une grande fierté d’apporter notre aide. La plupart des maisons n’avaient plus de toit à notre arrivée. Nous voyons l’impact direct de notre travail. C’est gratifiant, cela nous procure un sentiment du devoir accompli, d’autant plus lorsque la mission a été complexe ».

MacGyver en océan Indien

« Beacher à Soalala a nécessité beaucoup d’inventivité et des prises de risque maîtrisées », évoque avec fierté le commandant. En effet, après avoir chargé à bord le fret humanitaire livré quelques jours plus tôt par deux Casa de la base aérienne 181 de La Réunion, le Champlain a mis le cap sur le village de pêcheur. Nichée au fond d’une baie dont les derniers relevés hydrographiques dataient de 1894, la population locale a accueilli, reconnaissante, l’aide matérielle des marins déployés. Pour acheminer les 15 tonnes de fret humanitaire, une embarcation à faible tirant d’eau a été positionnée sur l’avant du Champlain, avec à son bord un système hydrographique léger militaire : un sondeur mobile permettant de cartographier en temps réel les fonds sur zone. Un défi relevé avec ingéniosité par les marins du BSAOM, désormais sur le chemin du retour après 56 jours de mer.