Mission Cadillac : le Fulmar, ambassadeur de la France en Amérique du Nord
Publié le 10/09/2025
Véritable vecteur de coopération et de présence française, le Fulmar renforce la visibilité de la France en Amérique du Nord tout en consolidant ses partenariats stratégiques.

Le patrouilleur Fulmar, basé à Saint-Pierre-et-Miquelon, a conduit au printemps une mission de coopération internationale en Amérique du Nord, baptisée Cadillac en hommage à Antoine de Lamothe-Cadillac, fondateur de la ville de Détroit. Cette mission, ponctuée d’exercices conjoints avec les garde-côtes américains et canadiens, mais également d’actions diplomatiques et de rayonnement de la France a mené le bâtiment et son équipage de douze marins, du golfe du Saint-Laurent jusqu’aux Grands Lacs.
Le 22 avril, le Fulmar appareille de Saint-Pierre pour traverser le golfe du Saint-Laurent avant de remonter le fleuve jusqu’à Montréal. La navigation en eaux resserrées, marquée par de forts courants et le franchissement de plusieurs ponts et écluses, a nécessité des dispositions spécifiques et une organisation en bordées..
Durant cette première phase, l’équipage a entretenu ses savoir-faire par de nombreux entraînements : lutte incendie, exercices de sécurité, plongée sous-marine, vol de drone. En outre, l’escale à Montréal a permis une série d’actions de coopération telles que des visites du bord pour la communauté française, un contrôle technique des installations, des conférences dans les écoles françaises, ainsi qu’une réception diplomatique organisée avec le consulat général de France. L’équipage a également renforcé ses liens avec la réserve de la Marine royale canadienne locale.
Dans un second temps, le Fulmar a repris sa route et a franchi les écluses du Saint-Laurent puis du canal Welland, accédant successivement aux lacs Ontario et Erié. Un premier exercice d’évacuation médicale a été conduit avec un hélicoptère de l’US Coast Guard, confirmant l’efficacité des procédures communes.
Le 4 mai, le patrouilleur accoste à Détroit. Cette escale a donné lieu à diverses commémorations et au renforcement des liens diplomatiques : visites officielles, rencontre avec les autorités locales, participation au 80ᵉ anniversaire de la fin de la bataille de l’Atlantique à Windsor, conférence à l’Alliance française de Détroit, dîner officiel avec l’US Navy League.
Par ailleurs, la coopération opérationnelle s’est poursuivie avec un raid nautique conjoint avec les garde-côtes américains, permettant de s’entraîner au remorquage, à la récupération d’homme à la mer et aux interceptions rapides.
Le 9 mai, le Fulmar est à Toronto, avant de rejoindre quelques jours plus tard Kingston pour un exercice antipollution majeur avec les garde-côtes canadiens. Celui-ci a permis la mise en place de barrages flottants, l’utilisation d’écrémeurs et le déploiement du filet de récupération du Fulmar. Cette coopération franco-canadienne a grandement contribué à la compréhension mutuelle des techniques et matériels et a démontré la forte complémentarité des moyens français et canadiens en matière de lutte contre la pollution maritime.
Après Québec, le Fulmar retrouve Saint-Pierre-et-Miquelon pour une semaine d’exercices SAR (Search and Rescue) coordonnés avec les Affaires maritimes. Plusieurs administrations et partenaires canadiens ont été mobilisés : Marine nationale, SNSM, gendarmerie, sapeurs-pompiers, hôpitaux, ferries locaux, Croix-Rouge, ainsi qu’un hélicoptère CH-149 de l’aviation royale canadienne.
Les scénarios (incendies, naufrages, remorquages, évacuations médicales, accidents multi-victimes) ont permis de tester l’interopérabilité et la complémentarité des moyens des deux pays.
Enfin, en septembre, le Fulmar a poursuivi son déploiement par une navigation dans les eaux polaires canadiennes, du Nunavut au Labrador. Des escales à Iqaluit puis Goose Bay ont permis d’approfondir la coopération avec les garde-côtes canadiens, notamment sur les enjeux de sécurité maritime dans le Grand Nord.
La mission Cadillac a parfaitement illustré la diversité des enjeux de la Marine nationale. Ceux-ci ont une dimension opérationnelle mais également diplomatique et culturelle - grâce aux nombreuses actions de rayonnement en lien avec les ambassades et consulats français - et formatrice, puisqu’ont été accueillis des officiers-élèves de la mission Jeanne d’Arc et que des entraînements ont été réalisés par l’équipage.
