L’esprit de défense dès la quatrième

Publié le 07/09/2026

Auteur : EV2 (R) Clémence Douillot

Deux dispositifs, une même ambition : cultiver l’esprit de citoyenneté chez les élèves. Comment les classes de défense et de sécurité globale (CDSG) et les classes enjeux maritimes y parviennent-elles ?

Deux dispositifs, une même ambition : cultiver l’esprit de citoyenneté chez les élèves. Les classes de défense et de sécurité globale (CDSG) et les classes enjeux maritimes y parviennent par des voies différentes. Alice Marsol, déléguée à l’éducation à la défense et référente du trinôme académique de Créteil et Sophie de La Foye, à l’origine des classes enjeux maritimes et responsable du projet, présentent ces deux dispositifs.

Les CDSG sont nées en 2005. À l’époque, une enseignante niçoise sollicite la Marine pour bâtir un cours destiné aux élèves en situation de décrochage. Cette démarche a donné naissance à un dispositif porté par l’Éducation nationale et les armées. « Le but est de diffuser l’esprit de défense, en lien avec la résilience nationale, en s’appuyant sur des partenariats avec les armées », explique Alice Marsol. Leur particularité : un parrainage par une unité des armées, dont la rencontre permet d’aborder la défense autrement que par l’enseignement classique. Encadré par une convention, ce dispositif interdisciplinaire laisse les enseignants volontaires libres sur le projet pédagogique. Destiné aux collégiens et lycéens, il s’ouvre aussi aux filières professionnelles et permet de les familiariser avec le monde militaire. Élèves et professeurs se disent enthousiastes : elles sont plus de 1 200 classes sur le territoire. La Marine nationale est particulièrement plébiscitée, car elle ouvre des horizons méconnus, surtout dans les territoires éloignés de la mer : « L’esprit d’équipage marque particulièrement les élèves ».

Les classes enjeux maritimes sont un dispositif complémentaire, dont le but est de « faire prendre conscience aux lycéens qu’ils sont citoyens d’une grande puissance maritime, dotée d’une immense zone économique exclusive (ZEE) et d’une marine de premier rang », rappelle Sophie de La Foye. Enjeux civils, militaires, écologiques, économiques, géopolitiques et sécuritaires y sont abordés par des intervenants bénévoles, venant témoigner de leur métier. Piloté par la direction générale de l’enseignement scolaire, le dispositif est soutenu par trois grands « mécènes » – la Marine nationale, la Fondation de la Mer, le Cluster Maritime Français – et un réseau de partenaires en expansion. Fondées en 2021 lors d’une conférence de l’amiral Rogel au lycée français de Barcelone, à l’initiative de Sophie de la Foye, ces classes ont connu un essor fulgurant : elles sont aujourd’hui plus de 300, dont deux tiers en France et outre-mer et un tiers à l’étranger. « Elles rendent accessible un univers que beaucoup ne connaissaient pas », remarque Sophie de la Foye. Ces deux dispositifs ouvrent dès le collège et le lycée des perspectives sur les métiers civils et militaires, remportant l’adhésion des professeurs comme des élèves.