L’équipage du Rhône dans l’objectif du portraitiste David Saggio

Publié le 06/05/2026

Auteur : ASP Clara Molinas

David Saggio, photographe américain, a embarqué cinq jours sur le bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain (BSAM) le Rhône. Il revient sur cette expérience unique aux côtés du commandant qui l’a accueilli.

Presque un an après leur première rencontre, le lieutenant de vaisseau (LV) Maximilien Labrorie et le photographe David Saggio se retrouvent, sur le pont du BSAM le Rhône. Embarqué pendant une semaine, l’Américain a suivi l’équipage « B » du navire et son commandant, au plus près de l’action mais surtout du quotidien des marins. Plus de 5 000 clichés plus tard, naît le projet « Le Rhône : Devoir, Profondeur, Dévotion », une célébration des 400 ans de la Marine, mais aussi des 250 ans de l’amitié franco-américaine.

 

 

Quelle est la genèse du projet ?

LV Maximilien Labrorie : David et moi nous nous sommes rencontrés en mai 2025 à l’occasion du défi Chesapeake. L’Institut Franco-Américain à Rennes, ville étape, nous a proposé un photographe bénévole pour couvrir l’arrivée des cyclistes aux Invalides, c’est ainsi que j’ai fait sa connaissance. J’ai adoré ses photographies et encore plus l’homme derrière l’appareil. Quelques mois après, toujours par l’intermédiaire de l’Institut Franco-Américain de Rennes, j’ai accepté que David embarque dans le cadre de son nouveau projet artistique.

David Saggio : Ancien parachutiste dans l’armée américaine, j’ai foncé tête baissée dans l’aventure. Pouvoir mettre en avant le métier du LV Maximilien et de son équipage en étant au plus proche de l’action, c’est inespéré ! Fils de parachutiste et frère de marin, l’engagement a toujours fait partie de mon identité, c’était important pour moi de leur rendre justice et de célébrer ceux qui nous protègent au quotidien.

 

Comment s’est déroulé l’embarquement ?

LV M. L. : Nous étions en période d’entraînement individuel, on a donc pu balayer le spectre de nos capacités à bord, le BSAM étant un réel couteau suisse en mer. David s’émerveillait de tout, il aurait pu rester quatre mois de plus avec la motivation dont il a fait preuve.

D. S. : Avant d’embarquer, j’avais imaginé des plans de ce que je pourrais capturer, mais forcément il a fallu beaucoup s’adapter. L’équipage a été d’une grande aide, bien qu’il y ait sans doute des clichés qui m’aient échappé, sur des actions trop rapides ou impossibles à répéter. Mon objectif était de mettre en lumière leur travail d’équipe et leur professionnalisme au quotidien, et je pense que c’est chose faite.

 

À la fin de son séjour, David était mon 25e membre d’équipage, sans aucun doute

 

La barrière de la langue a-t-elle été un problème ?

D. S. : J’ai rencontré plus de difficultés avec le mal de mer qu’avec la langue en tout honnêteté ! (rire) Tout le monde semblait enclin à travailler son anglais, et, de par mon expérience militaire, j’étais déjà familier avec certaines manœuvres.

LV M. L. : David a cette capacité de mettre tout le monde à l’aise. Il a fait ressortir le meilleur de ce que peut être un marin, professionnellement et humainement. À la fin de son séjour, David était mon 25e membre d’équipage, sans aucun doute.

En quoi ce projet est-il important ?

LV M. L. : Tout d’abord pour le rayonnement. Engagé comme matelot, la Marine m’a pris comme j’étais, je souhaite désormais le lui rendre. J’aimerais que demain, un petit jeune comme je l’étais se dise « Tiens, pourquoi pas la Marine ? » Ensuite, c’est un projet qui rappelle à tous que l’amitié franco-américaine est et restera historique.

D. S. : L'amitié entre la France et les États-Unis, en particulier au sein des milieux militaires, perdure depuis la Révolution américaine. Nous sommes des marins, des militaires, des protecteurs pour nos deux nations alliées, et c’est important de le rappeler au grand public, mais aussi de montrer notre reconnaissance à ceux sur le terrain. Personnellement, cet embarquement a ravivé mon esprit militaire. On ne raccroche jamais vraiment l’uniforme. Être de retour à bord, c’est un sentiment particulier qui m’a accompagné à chaque seconde : celui d’un véritable esprit d’équipage. Le LV Maximilien et son équipage m’ont tellement apporté, je souhaite leur rendre honneur avec ces clichés.

David Saggio espère exposer ces photos en France, mais également aux États-Unis.