Le PHA Mistral au coeur d'un exercice OTAN : Cold Response 2026
Publié le 15/04/2026
Du 4 au 20 mars, le porte-hélicoptères amphibie Mistral a joué un rôle clé dans l’exercice OTAN Cold Response 2026.

L'exercice a déployé des troupes françaises, néerlandaises et britanniques dans des conditions extrêmes. Cols bleus a pu embarquer dans le froid nordique avec eux.
Les marins du Mistral ont tous le regard tourné vers l’horizon, et pour cause : le ciel s’est embrasé et les aurores boréales dansent sous leurs regards. Pas de doute, le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Mistral navigue bien au-delà du 70e parallèle, au nord du cercle polaire.
Intégré à un task group amphibie commandé par le commodore George Pastoor depuis le bâtiment néerlandais Johan De Witt, le Mistral et ses détachements embarqués représentent la contribution française au volet maritime de Cold Response. Organisé par la Norvège, cet exercice OTAN mobilise plus de 35 000 participants, dont 16 000 militaires au sol, issus de 14 nations alliées. L’objectif ? Garantir la liberté de navigation, mener un débarquement amphibie majeur et soutenir des opérations aériennes dans un scénario de crise réaliste, incluant des menaces hybrides et conventionnelles.
Une manœuvre amphibie d’ampleur
Depuis le Mistral, les forces françaises, britanniques et néerlandaises sont engagées quotidiennement. Par voie amphibie d’abord, le PHA déploie une section de fusiliers marins et accueille des Landing Craft, Vehicle, Personnel (LCVP) néerlandais pour transporter des commandos étrangers. Les rotations se succèdent pour embarquer et débarquer hommes et matériels.
Par les airs ensuite, le pont d’envol est le théâtre d’un ballet ininterrompu d’hélicoptères du 5e régiment d’hélicoptères de combat français, des NH90 néerlandais et des Merlin britanniques, qui opèrent depuis la mer pour déposer puis récupérer les troupes au sol.
« Le Mistral joue un rôle central dans cet exercice, car avec six spots pour poser les hélicoptères sur son pont d’envol et un radier de 80 mètres de long, c’est lui qui offre la plus importante capacité de déploiement de tous les connecteurs amphibies et aériens. En embarquant quatre hélicoptères du 5e RHC et quatre engins amphibies, il témoigne de l’engagement fort de la France auprès de ses alliés à maintenir une posture de défense robuste dans l’Atlantique Nord », explique le capitaine de vaisseau Quentin Vieux-Rochas, commandant du Mistral.
L’exercice Cold Response 2026 démontre par son déploiement de forces l’importance de la coopération entre les États membres de l’OTAN pour garantir la sécurité en mer dans le Grand Nord, une zone stratégique pour la défense européenne.
Parole de marin
Contre-amiral Frédéric de Rupilly, sous-chef d’état-major « planification » au commandement de forces interarmées de Norfolk de l’OTAN
Quel rôle joue le Joint Force Command (JFC) Norfolk dans l’OTAN ?
Contre-amiral Frédéric de Rupilly : Créé en 2019 aux États-Unis, dans l’immense base navale de Norfolk, le JFC est le troisième à voir le jour après ceux de Naples et de Brunssum. Nous sommes en charge de la défense de l’Alliance et de la conduite des opérations dans une zone géographique bien précise. Les 30 pays (les États- Unis et le Canada
ont leur propre système), sont partagés entre les trois états-majors, et le JFC Norfolk a le plus grand espace maritime et la plus grande surface terrestre à charge.
En quoi consiste votre poste sous-chef d’état-major « planification » ?
CA F. R. : La défense, ça se prépare. Pour anticiper tout conflit (maritime, cyber, hybride, etc.), chaque état-major planifie des réponses. Au travers des exercices interalliés que nous organisons, nous pouvons vérifier la pertinence de ces réponses, mettre à jour et affiner ces procédures. En plus de constituer une veille permanente et dissuasive, ces entraînements permettent de former tactiquement les troupes, de partager les bonnes pratiques et les savoir-faire des autres nations. À l’instar de Steadfast Defender, ces déploiements majeurs occupent une grande partie de l’année et mobilisent 90 000 militaires, une cinquantaine de navires sans oublier les forces à terre et l’aéronautique navale. Le retour d’expérience est précieux pour les JFC. Mon défi aujourd’hui est d’optimiser ces missions, en matière de moyens pour répondre aux besoins des États et réaliser la formation des forces en conséquence.
La défense, ça se prépare
Quels moyens sont mis en place ?
CA F. R. : Nous avons eu la chance d’avoir un état-major construit spécifiquement pour nos besoins. Nous avons intégré dans nos processus l’intelligence artificielle, notamment dans le tri et l’analyse de situation, ce qui assure une standardisation, et donc une interopérabilité avec les autres JFC. Ce sont de ressources humaines dont nous avons le plus besoin. Des marins formés et préparés à explorer des postes OTAN.
Quelle est l’expérience des marins à le JFC Norfolk ?
CA F. R. : On sent l’air marin tous les jours ici ! À Norfolk, nous sommes au cœur de la Marine américaine et, de par nos missions, nous gardons un contact privilégié avec la Marine nationale, notamment avec le Marcom (lire p. 30). Le travail des marins français y est reconnu et apprécié. Leur mission est d’autant plus importante qu’ils agiront comme relais de l’expérience OTAN de retour dans leurs unités. Leur connaissance de l’OTAN y sera indispensable.
