Le donneur d'ordre du programme PA-NG
Publié le 29/07/2026
Le rôle du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) : assurer la maîtrise d’ouvrage du programme PA-NG mais concrètement, de quoi s’agit-il ?

La direction générale de l’Armement (DGA) assure la maîtrise d’ouvrage d’ensemble du programme porte-avions de nouvelle génération (PA-NG). En ce qui concerne le sous-ensemble des chaufferies nucléaires du France Libre, c’est le CEA qui assume ce rôle.
« Depuis fin 2020, en étroite liaison avec la DGA et l’état-major de la Marine, nous travaillons sur la conception, la réalisation et la construction des deux chaufferies nucléaires qui équiperont le France Libre, explique Christophe, chef de projet Chaufferies PA-NG au CEA. Nos objectifs sont clairs : nous devons nous assurer que ces chaufferies seront performantes, conformément aux besoins exprimés par la Marine, que les coûts de leur construction seront maîtrisés et que le calendrier de leur livraison sera tenu. Dès le début, les études de conception, réalisées par le concepteur TechnicAtome dans les phases d’avant-projet, ont été analysées par les experts du CEA et du STXN [NDLR. service technique mixte des chaufferies nucléaires de propulsion navale, qui regroupe des spécialistes techniques du CEA, de la Marine, de la DGA et du Service d’infrastructure de la défense (SID)]. L’objectif est de vérifier l’atteinte des performances des chaufferies, à la fois techniques bien-sûr et également sur le plan de la sûreté nucléaire. Pour ce nouveau navire, il a été en particulier nécessaire de concevoir une nouvelle chaufferie, la K22, qui reste cependant dans la lignée des chaufferies compactes déjà conçues et réalisées sur les programmes précédents de sous-marins et du Charles de Gaulle. En effet, les chaufferies K22 qui équiperont le France Libre seront plus puissantes que celles du Charles. Tout d’abord alors qu’il sera « plus grand et plus lourd », il devra lui aussi atteindre une vitesse maximale de 27 nœuds pour opérer les aéronefs dans toutes les conditions de mer requises. Ensuite une autre innovation est son mode de propulsion « tout électrique », domaine piloté par la DGA. Enfin, ces nouvelles chaufferies doivent pouvoir stocker suffisamment d’énergie pour permettre au nouveau porte-avions de naviguer dix ans entre deux arrêts technique majeurs, contre environ huit et demi actuellement pour le Charles. Concevoir et réaliser cette nouvelle chaufferie est un défi pour les équipes du maître d’œuvre TechnicAtome, du fabricant Naval Group, et pour nous CEA, maîtrise d’ouvrage et autorité de conception. »
Un suivi de A à Z et même après
La construction des chaufferies a concrètement débuté à l’automne 2025 : les premières ébauches forgées sont sorties des usines de Framatome et d’Aubert & Duval puis acheminées sur le site de Naval Group Nantes-Indret (44), où les premières étapes d’usinage ont été réalisées. à Cherbourg ce sont les enceintes des chaufferies qui sont en cours de construction. Elles aussi rallieront Indret où elles recevront les composants des chaufferies. Une fois cette étape terminée, les chaufferies, dans leurs enceintes, rejoindront Saint-Nazaire pour être installées dans le navire. Ce n’est qu’une fois le France Libre arrivé à Toulon que les chaufferies recevront leurs éléments combustibles et que les réacteurs pourront diverger, c’est-à-dire démarrer pour produire de l’énergie. « Nous serons présents à chaque étape de ce processus, précise Christophe. Nous intervenons également dans l’approbation de la documentation technique du concepteur qui sera remise aux marins qui mettront en œuvre ces nouvelles chaufferies. Enfin, comme le CEA le fait pour les sous-marins nucléaires déjà en service et le Charles de Gaulle, nous serons présents tout au long de la vie du France Libre car le CEA reste l’autorité de conception des réacteurs exploités par la Marine. Ainsi, le CEA travaillera avec le Service de soutien de la flotte (SSF) pour maintenir les chaufferies nucléaires dans leur référentiel de sûreté et d’exploitation. Il sera amené par exemple à traiter les évènements techniques d’exploitation, les études d’obsolescences inévitables de certains matériels ou encore les études en lien avec les réévaluations périodiques de sûreté. Notre travail ne fait que débuter. »