Le bagad de Lann-Bihoué sur la scène de « La France a un incroyable talent »
Publié le 13/11/2025
Le 11 novembre sur M6, les musiciens du bagad de Lann-Bihoué ont participé à l’émission « La France a un incroyable talent ». Cols bleus s’est glissé dans les coulisses de cette soirée événement.

Ils s’en souviendront longtemps ! Mardi 11 novembre, les 28 musiciens du bagad de Lann-Bihoué ont donné leur maximum pour séduire le jury de l’émission « La France a un incroyable talent » : Éric Antoine, Marianne James, Sugar Sammy et Hélène Ségara, ainsi que la présentatrice Karine Le Marchand. Le maître principal Eric Hannequin, penn-bagad (chef) du célèbre ensemble de musique bretonne qui représente la Marine en France et à l’étranger, nous raconte les moments forts de cette soirée qui fera date.
D’où vous est venue l’idée de participer à « La France a un incroyable talent » ?
Maître principal Eric Hannequin : Quand je suis arrivé à la tête du bagad de Lann-Bihoué en août 2023, comme chef de service chargé de l’administratif et de l’ensemble de la gestion, la mission qui m’a été donnée était très claire : contribuer au rayonnement du bagad à l’échelle nationale et internationale. Or pour y parvenir, quoi de mieux que d’essayer de participer à une émission qui rassemble plus de quatre millions de téléspectateurs sur une grande chaîne nationale ? C’est pourquoi, avec l’accord du chef d’état-major de la Marine, j’ai tout simplement contacté l’émission afin de savoir si nous pouvions être choisi pour figurer au programme de la vingtième saison de « La France a un incroyable talent ». J’ai ensuite monté un dossier avant d’être appelé par un journaliste de la société Fremantle Media qui gère la production pour M6. Puis l’aventure a commencé à prendre forme.
Comment s’est passé l’audition ?
MP E. H. : Le rendez-vous avait été fixé pour le 7 juillet dernier. Nous sommes arrivés à Paris, le 6 juillet un peu fatigués car la veille nous avions joué à Lorient. Après une bonne nuit de sommeil, nous avons rejoint le studio d’enregistrement de l’émission, situé à Rueil-Malmaison, pour faire la balance et quelques répétitions avant d’aller déjeuner. En début d’après-midi, tout s’est enchaîné assez rapidement. Les musiciens sont passés au maquillage et, pendant que le public commençait à arriver dans la salle, ont « chauffé » leurs instruments pendant 30 minutes pour que les bombardes et les cornemuses soient bien accordées les unes avec les autres. Le timing était hyper serré, sachant que, sans cette opération indispensable, le bagad ne peut pas jouer correctement à l’unisson.

Combien de temps êtes-vous resté en studio ?
MP E. H. : Nous sommes restés quasiment deux heures. Tout était millimétré. Les numéros se sont enchaînés à mesure que passaient les différents candidats. Quand notre tour est arrivé, nous sommes entrés sur scène, puis le jury a posé quelques questions et c’est le quartier-maître Blanchet, le penn-soner (chef de musique) qui a présenté le bagad et ses musiciens en précisant notamment leur appartenance à la Marine nationale. Ensuite, sonneurs, talabardeurs et musiciens de l'ensemble batterie-percussion ont joué pendant 10 minutes sur scène en donnant le meilleur d’eux- même. À l’issue, le groupe a échangé une nouvelle fois avec le jury en attendant le debrief et les votes. Puis les musiciens sont sortis pour rassembler leurs affaires et enregistrer une dernière interview de 10 minutes destinée à recueillir les impressions de chacun. Lors de chaque séquence, j’ai été très impressionné par le nombre d’intervenants, organisateurs, journalistes, présentateurs, techniciens qui font littéralement tourner l’émission. C’est une mécanique très bien huilée.
Vous avez l’habitude des festivals et des concerts en public, en quoi cette expérience a-t-elle été différente ?
MP E. H. : En dépit de la notoriété de notre formation, la télévision est un univers assez éloigné de celui des concerts et des festivals. Ainsi, les membres du bagad ont découvert beaucoup de petites choses dont ils n’avaient pas l’habitude, comme le maquillage, la balance ou le déroulé très encadré. Toutefois, se produire devant des caméras et être vu par des millions de téléspectateurs n’a pas été le plus difficile pour eux. Le bagad forme un ensemble très aguerri. Par exemple, en août dernier, ils ont joué devant 25 000 personnes lors du festival Roi Arthur avec Soldat Louis. Par ailleurs, la plupart de ces jeunes ont l’expérience des jurys, puisqu’ils participent souvent, seuls ou en groupe dans les bagads civils auxquels ils appartiennent, à des compétitions musicales très importante comme le championnat national des bagadoù (compétition musicale à laquelle participent près d'une centaine de bagadoù, répartis en cinq catégories. Il a lieu tous les ans depuis 1949 et est divisé en deux manches à l'issue desquelles les groupes sont classés, puis soit promus soit relégués. NDLR) En revanche, tous ont pu ressentir presque physiquement la pression du tournage et l’appréhension de faire face à un jury composé de grands musiciens comme Hélène Ségara ou Marianne James. De plus, cette fois, ils n’étaient pas jugés par des pairs ou des amateurs éclairés de la musique bretonne, mais part des artistes très connus.
À votre niveau qu’attendiez-vous de l’émission ?
MP E. H. : Quoi qu’il arrive, ma mission première est de faire connaître au maximum le bagad et de contribuer à accroître à la fois sa renommée et celle de la Marine. Dans cet esprit, je crois qu’hier la manœuvre a fonctionné à cent pour cent puisque le bagad a pu jouer en prime-time un mardi soir, qui plus est, le jour de l’Armistice qui marque la fin de la Première Guerre mondiale. Quel beau symbole. Je suis très fier d’avoir vécu cela avec mes jeunes musiciens. Pour nous tous, ce fut vraiment une belle expérience. Même si, en 73 ans d’existence le bagad a déjà fait beaucoup de concerts, d'émissions et a participé à de très nombreux événements, ce moment restera gravé en nous. Par ailleurs, je peux déjà vous dire que nous allons repasser prochainement à la télévision en 2026 sur France 3 au Théâtre Antique d’Orange. En attendant, quelle que soit l’issue de notre concert sur la scène de « La France a un incroyable talent », le bagad n’a pas fini de rayonner.
