La préparation militaire Marine Gaspard Monge

Publié le 09/06/2025

Auteur : Aspirant (R) Hugo

Le centre de préparation militaire Marine « Gaspard Monge » de Beaune (21) a profité de sa période bloquée sur la base navale de Brest pour rendre visite à son unité marraine, le bâtiment d’essais et de mesures (BEM) Monge.

Invités par le commandant, le capitaine de vaisseau Pierre Roussel, les stagiaires ont pu embarquer pour une sortie à la mer les 28 et 29 avril, l’occasion pour eux de découvrir « en vrai » la vie du marin embarqué.

28.04

8h00

Nous nous trouvons devant les 20 000 tonnes du Monge. Alors que nous approchons, sa taille nous impressionne, sa coque métallique et blanche nous surplombe, sa passerelle est impressionnante, tout en lui nous paraît démesuré …

10h00

Nous avons franchi la coupée, puis déposé nos sacs dans les postes réservés à notre intention et sommes maintenant installés à bord. Les haut-parleurs du système de diffusion générale rappellent au « poste de manœuvre général » Cette manœuvre, nous l’avons appris cette année, mobilise tous les membres de l’équipage pour faire appareiller ou accoster le navire. Chacun de nous est guidé par des marins du bord, on nous équipe et nous sommes parés pour aider le Monge à rejoindre l’océan.

Méline et Paul

11h30

À l’intérieur du bord, alors que nous ne pouvons pas voir la mer, le bateau tangue et roule sans arrêt, au gré de la houle et des mouvements de la barre. On pourrait s’attendre à ce qu’un navire aussi massif nous épargne le mal de mer mais chaque instant nous rappelle que nous sommes des marins.

Naëlle et Maxence

 

Plus de peur que de mal

 

13h45

Après plusieurs coups de sirène la diffusion générale hurle : « Alarme Incendie en Delta 0 27 », c’est sur notre pont ! Les marins se précipitent à leur poste de sécurité, nous avons l’impression d’être en plein milieu d’une fourmilière. Ils se regroupent dans les coursives. Équipés, ils attaquent le sinistre. L’une d’entre nous, blessée est emmenée au réfectoire. Les infirmiers la prennent en charge. « Exercice incendie terminé » … plus de peur que de mal, notre camarade maquillée pour l’occasion, peut aller se débarbouiller.

Tristan

Les stagiaires prennent le quart

18h00

Briefing du soir. Nous allons faire du « quart », répartis en groupes à des postes différents toute la nuit pour assurer le fonctionnement du navire. Le briefing terminé, certains se dirigent vers le PC sécurité tandis que nous, nous rejoignons la passerelle. Nous remarquons, avec surprise, que le soleil est déjà bas sur l’horizon. À l’intérieur du Monge, sans connexion avec l’extérieur, nous perdons la notion du temps.

Adélaïde et Ema

 

ça y'est je fais partie de l'équipage !

 

 

 

29.04

2h00

Notre quart se déroule en passerelle. Une partie d’entre nous assure la veille optique et a les yeux collés aux jumelles. Notre rôle : avertir le chef de quart de toute activité à l’horizon.

Ninon, James et Cassandra

3h00

à l’ordre du chef du quart : « à droite 15 », je m’exécute, je tourne la barre à roue, attends que le répétiteur de barre indique 15 degrés à droite pour annoncer « La barre est 15 à droite ». Il me répond «Bien» tout en gardant le regard rivé sur l’horizon… Des frissons me traversent le corps. ça y’est je fais partie de l’équipage !

Lilly Rose

4h00

Notre « zéraq » est terminé. Le quart de « zéro à quatre heures », le plus difficile. Nous en parlons avec les marins, ils nous le confirment, mais à les entendre, le rythme de quart fait partie de leur travail et ce n’est pas si fatiguant que cela une fois que l’on a pris le rythme.

Ninon et Mathéo

Nous continuons de discuter avec eux pendant le quart et nous nous sentons acceptés comme si nous faisions partie de l’équipage. Nous sommes avec des gens qui nous ressemblent, nous ressentons cette ambiance chaleureuse et familiale dont on nous parle si souvent. C’est donc ça l’esprit d’équipage ?

Albin et Dylan

5h00

Nous retournons dans nos postes pour nous reposer. Demain nous débarquerons du Monge pour poursuivre notre période bloquée jusqu’à notre retour en Bourgogne vendredi. Je pense qu’à l’avenir j’aurai souvent en mémoire ces premières 24h dans la peau d’un marin.

James