La parole au… général de corps d’armée Pierre-Joseph Givre, directeur du service national et de la jeunesse (DSNJ)

Publié le 28/08/2026

Auteur : Propos recueillis par Nathalie Six

« Les jeunes veulent être guidés, qu’on leur donne du sens et des sensations » : quel impact à la journée de mobilisation ?

Quelles sont les missions de la DSNJ à l’aune de l’actualisation de la Loi de programmation militaire votée le 1er juillet ?

GCA P.-J. G. : Dans le cadre de la professionnalisation des armées, le législateur a maintenu un parcours de citoyenneté obligatoire dont la DSNJ est responsable. Il comprend trois étapes : l’enseignement de défense dispensé au collège et lycée, le recensement citoyen obligatoire à 16 ans pour les jeunes de nationalité française, identifiant la population « rappelable » sous les drapeaux si besoin, puis la « Journée de mobilisation » (anciennement JDC), effectuée par 800 000 jeunes de 17 ans chaque année. La DSNJ pilote également les politiques jeunesse du ministère des Armées en cohérence avec les orientations interministérielles.

L’invasion de l’Ukraine par les Russes en février 2022 a-t-elle rebattu les cartes ?

GCA P.-J. G. : Elle a provoqué une rupture stratégique, qui a conduit à repenser le volet moral et civique de la relation entre les armées, la société civile et la jeunesse. Nous devons être prêts à mobiliser sur le territoire national des ressources supplémentaires en soutien de l’armée professionnelle. C’est notamment le sens du nouveau service national, de l’identification des « compétences attestées » et de la transformation de la « Journée de mobilisation ».

Comment atteindre ce but en une seule journée ?

GCA P.-J. G. : Une journée c’est court, mais en étant de qualité elle peut suffire à séduire les jeunes. Si nous faisons naître une vocation, nous avons gagné. Les jeunes veulent être guidés avec bienveillance, avoir des sensations et trouver du sens à leur action. Déclinée en sept temps forts, cette journée repose sur une pédagogie innovante, immersive et inclusive. Près de 89 % des jeunes se disent satisfaits de leur JDC et 25 % sont volontaires pour être recontactés par les armées en vue d’un engagement dans l’active, la réserve ou le service national.

Est-ce que les jeunes ont peur ?

GCA P.-J. G. : Ils sont lucides, ce qui est une source d’angoisse. Pour l’atténuer, il faut apporter des réponses institutionnelles fortes et concrètes. C’est la raison pour laquelle nous avons développé un jeu de rôle, au plus près de la réalité militaire, et dont ils sont acteurs. Nos adversaires sont nommés et la France est confrontée à des crises et des guerres inspirées de l’actualité. Dans chaque cas, les joueurs doivent apporter une réponse collective.

Comment créer et maintenir le lien entre les jeunes et les armées ?

GCA P.-J. G. : DÉFENSE+, notre nouveau système d’information est à la fois un media social et une base de données. Via une application les jeunes pourront dialoguer avec les armées et préparer leur « Journée de mobilisation ». À terme, ils pourront aussi se faire recenser en ligne, remplir leur passeport défense et l’actualiser chaque année.