La gendarmerie maritime outre-mer : patrouiller en Nouvelle-Calédonie

Publié le 21/10/2025

Auteur : EV2 (R) Elisabeth Feigneux

De la police des pêches au sauvetage en mer, ces gendarmes-techniciens contrôlent, protègent et secourent en Nouvelle-Calédonie, dans une zone maritime de près d’1,3 million de km2.

Gendarmerie maritime à bord d'une embarcation en outre-mer
La Dumbea P606, vedette de la gendarmerie maritime, fend l’eau à bonne allure à l’ouest de l’île de Grande Terre. Le major Alain, commandant du bâtiment, et ses hommes vont procéder à un contrôle de routine dans le cadre de la police des pêches. « Nous avons une double casquette : faire respecter la loi française et faire fonctionner le bateau » indique-t-il, chaque gendarme étant également électricien, mécanicien ou chef de quart. Affectés pour trois ans, ils forment, avec la brigade chargée de la protection et de la défense de la base navale, la seule présence de la gendarmerie maritime en Nouvelle-Calédonie.

Garantir la souveraineté française

 

Tandis qu’ils abordent un bateau de plaisance pour inspecter la pêche du jour, le major détaille les raisons de leur présence : « Garantir la souveraineté française ». Rattachés aux Forces armées en Nouvelle-Calédonie (FANC), ils inspectent tous les bateaux naviguant dans les eaux territoriales dont les activités vont de la pêche au transport de personnes, de conteneurs ou de nickel, dont le territoire renferme 20 à 30 % des réserves mondiales : « Nous travaillons parfois avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande afin de nous assurer de la conformité des cargaisons de pêche des navires étrangers. Nous contrôlons aussi la documentation, la route et l’équipage des navires, conformément au code ISPS (code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires) ».

Ces missions font partie de l’action de l’État en mer (AEM). En métropole, le commandant de zone maritime (CZM) est le préfet maritime, et aussi le commandant d’arrondissement militaire. En Nouvelle-Calédonie, le CZM conseille le Haut-Commissaire, responsable de la zone maritime et des activités en mer.

Image d'une bouée sur une embarcation de la gendarmerie maritime en outre-mer

 

S’adapter aux règlements locaux

 

Les gendarmes doivent aussi composer avec les contraintes locales : « Ici, le permis bateau n’est pas obligatoire et nous devons fréquemment expliquer les règles de navigation », note le major Alain. Par ailleurs, tous les navires de l’État sont susceptibles d’intervenir sur un secours en mer, appuyant ainsi la Société nationale de sauvetage en mer : « Nous avons récemment secouru un bateau en perdition à l’entrée des passes de Nouméa et procédé à l’évacuation sanitaire de trois Australiens à bord d’un navire de croisière ».

Pour aujourd’hui, le contrôle est satisfaisant. Les pêcheurs ont respecté les quotas. L’équipage de gendarmes maritimes s’en retourne à terre dans l’attente de sa prochaine mission, dans les eaux claires du lagon ou au large de l’archipel.