La cheville ouvrière de la stratégie du bouclier
Publié le 18/03/2026
Lancé il y a tout juste six ans, l’Office anti-stupéfiants (OFAST) est rattaché à la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ).

Associant l’autorité judiciaire et l’ensemble des services concernés par la lutte contre les trafics, français et étrangers (Police, Gendarmerie, Douanes, Secrétariat général de la mer, ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ministère des Armées, etc.), l’OFAST a trois missions : comprendre, cibler et agir.
« La stratégie du bouclier ». S’il y a bien un mot partagé par tous les services en lutte contre les trafics de drogue, c’est celui-là. Le but étant « d’empêcher l’arrivée de la drogue sur les côtes françaises et européennes ». Dans la construction de ce bouclier, l’OFAST est un extraordinaire cerveau : une boîte noire capable de tout enregistrer – il centralise les informations –, mais aussi d’analyser, exploiter et enrichir les renseignements. Tout savoir sur le narcotrafic. Puis le faire-savoir aux autres services pour atteindre une efficacité redoutable et redoutée.
Stratégie, renseignement et opérationnel
Le pôle « Stratégie » : comprendre. Dirigé par un administrateur des Douanes, il analyse et diffuse la connaissance en matière de produits, de trafics et de routes, puis définit et met en œuvre la stratégie de coopération internationale. En 2019, il a élaboré un plan de lutte contre les trafics de produits stupéfiants. Plan complété par un document appelé « L’état de la menace », qui produit annuellement un état statistique et analytique des saisies de produits stupéfiants en France. Ce document permet d’ajuster la stratégie de l’OFAST aux évolutions constatées dans les modes opératoires (routes, organisations, produits).
Le pôle « Renseignement » : sous les ordres d’un colonel de gendarmerie, il cible les lieux de trafics, identifie et localise les organisations criminelles. « Nous analysons chaque année environ 15 000 signalements reçus, indique le pôle. Nous tirons aussi nos informations des cellules de renseignement présentes dans chaque département et certains ports. » Sans parler des supports numériques que la Marine nationale récupère parfois à bord, lors de ses interventions. « Tout cela vient nourrir une banque de données qui sera échangeable avec des pays partenaires ayant besoin de cette information pour poursuivre leur propre analyse. »
Le pôle opérationnel : dirigé par un commissaire de police, il est celui de l’action. Sous l’autorité du parquet ou des juges d’instruction (juridictions interrégionales spécialisées et juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée), ce pôle conduit des enquêtes judiciaires de haut niveau (comme sur les importations depuis Orly et Roissy) dans le but de démanteler les organisations criminelles. Il est aussi le point d’entrée des services étrangers spécialisés dans la lutte anti-drogue.
Ces missions ne sont possibles que grâce à une forte coopération interservices et internationale. « Cette stratégie du bouclier n’a de sens que si l’ensemble des pays européens ont la même politique, travaillent avec les mêmes ambitions. Sinon, les trafiquants arrivent en Europe par un autre portail ».