La 1ère édition du salon du Wargame organisée par le C2N à Toulon

Publié le 19/12/2025

Auteur : ASP Clara Molinas

En clôture du séminaire de guerre navale le 17 décembre, le centre de combat naval (C2N) a organisé un salon du jeu de guerre à Toulon. Ils y ont présenté Première Salve, une création inédite.

Image d'un plateau de wargame avec des dés

« Toutes les tables de jeu sont pleines », se réjouit le capitaine de frégate (CF) Thomas Ancelin du centre de combat naval (C2N) et organisateur du salon. Aux commandes de cette première édition, ce sont plus de 70 personnes qu’il a réunies dans la salle Surcouf de l’Escale Amiral Ronarc’h à Toulon.

Ouvert à tous, l’évènement soutient un objectif triple : faire connaître la pratique du Wargame et ses avantages, souder une communauté autour du jeu de guerre et soutenir le déploiement de Première Salve, développé par la Marine nationale.

 

Le Wargame est une modélisation du réel, une réflexion tactique vraisemblable et à moindre coût. - CDT Antoine Bourguilleau, du bureau Jeux de guerre (BJDG) de l’armée de Terre

Participant jouant au wargame

Première salve, un Wargame pour les marins par les marins

 

Si la Marine n’avait pas encore pris le tournant du jeu de guerre, aujourd’hui c’est chose faite avec Première Salve, porté par le C2N en collaboration avec le Centre d’études stratégiques de la Marine (CESM), le Centre d’interprétation et de reconnaissance acoustique (CIRA) et l’École du combat naval (ECN).

 

« Nous partons d’un constat simple, explique le CF Thomas Ancelin. Nous disposons d’une bibliothèque tactique assez faible, on ne peut pas organiser un exercice de grande envergure comme POLARIS dès qu’on veut simuler un affrontement. Le Wargame permet de multiplier les expériences et enrichir nos scénarios et mécanismes tactiques. De plus, les communications sont les premières à tomber au combat. Grâce au jeu, on partage nos manœuvres avec nos alliés pour développer des synergies et gagner en efficacité dans la perspective d’un combat naval. »

Image de la boîte de jeu Première Salve, jeu de wargame

Lors de parties d’au moins cinq heures, deux tables de quatre à six joueurs recréent un affrontement entre la Marine nationale et une puissance navale ennemie. Pouvant se jouer dans trois théâtres différents, avec trois scénarios et sur trois niveaux de difficulté, ce sont 27 parties différentes qui attendent les joueurs. « L’objectif final c’est que les marins s’en saisissent, qu’ils imaginent des scénarios pour former leurs équipes et vérifier leurs modes d’actions. »

 

Première Salve sera ce que les marins en feront

 

Ce 17 décembre, ils étaient 24 à se familiariser avec le jeu de plateau, encadrés par une dizaine de maître du jeu. « À partir de 2026, on lance le Wargame Naval Tour. On va se rendre dans les bases, unités et écoles qui en auront fait la demande pour, non seulement, les initier au Wargame mais surtout former des Game master qui reprendront le flambeau. » Avec le CESM, des formations de Game design seront également proposées pour ancrer la pratique du Wargame dans la Marine.

Un événement inter organisme

Passionnés d’histoire, férus de jeux de société ou encore élèves en formation, grands débutants ou ou avec un niveau déjà avancé de game master, tous ont trouvé chaussure à leur pied parmi les neufs Wargames présentés. Au sein d’équipes mixtes en grades et en spécialités, les marins ont déjoué des attaques sur leurs infrastructures sous-marines, mis en place de campagnes d’influence ou encore planifié des opérations cyber offensives.

Une après-midi renforçant la cohésion entre marins, mais également entre armées avec la présence du 2e RIMA et du BJDG à l’animation d’un Duel tactique amphibie. « Se retrouver autour d’une table de jeu nous oblige à nous poser les bonnes questions, à penser à tous les scénarios, et les tester du débarquement au ravitaillement, remarque le commandant (CDT) Socrate Épée du 2e RIMA. On ne peut évidemment pas prédire l’avenir, mais on peut l’anticiper et s’y préparer. »

Également venus présenter leur WargamePhoebe, le Naval Innovation Hub souhaite pérenniser le lien entre industriels et opérationnels. « Le retour d’expérience des marins nous apporte beaucoup, déjà pour perfectionner le jeu, mais aussi dans le développement d’innovation de rupture », confie l’animateur.

Une offre de Wargame naval qui devrait bientôt s’élargir, la Flottille de perfectionnement du surfacier (FPS) Brest et le CESM collaborent sur un nouveau projet de jeu.

Image de deux commandants jouant une partie de wargame