Face aux incendies en Gironde les réservistes passent à l’action

Publié le 11/09/2026

Auteur : CC (R) Yann

Au cours de cet incendie qui a débuté le 22 juillet, l’escouade de réserve côtière (ERC) d’Arcachon a été au cœur de l’actualité. Le CC (R) Yann, chef de l’escouade, revient sur cet évènement.

« Tout a commencé par un coup de fil le 23 juillet. Le commandant de la flottille de réserve côtières (FRC) de l’Atlantique m’a demandé si participer à une mission consistant à faire respecter l’interdiction de navigation dans le bassin d’Arcachon était à notre portée. Il faut savoir qu’à ce moment-là je venais de quitter le commandement de l’ERC de Bayonne et venait de prendre celui de celle du Bassin d’Arcachon, que nous étions en train de mettre en place. J’avais recruté et fait former le personnel mais nous n’avions pas encore reçu notre vedette. Ça ne m’a pas empêché de répondre au commandant de la flottille que nous étions prêt à remplir la mission. Dès le 24 juillet le préfet maritime de l’Atlantique a pris l’arrêté d’interdiction de navigation dans le secteur Ouest du bassin. Nous avons alors accueilli les ERC de La Rochelle et de Bayonne et avons organisé, dans le port d’Arcachon, un échelon de commandement, rapidement renforcé par 4 membres de l’état-major de la flottille arrivés de Brest, ainsi qu’une base de soutien pour assurer notre alimentation et nos périodes de repos.

Le 25 juillet à 7h00 les patrouilles débutaient. A bord de chaque vedette, un membre de l’ERC d’Arcachon était présent afin de guider les équipages et de leur éviter de tomber dans les nombreux pièges que recèle le bassin. Les premiers jours, le bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain Garonne était sur place pour coordonner les opérations. Une évacuation des habitants du Lège-Cap-Ferret par la mer avait été envisagée au cas où la route aurait été fermée. Au final, comme elle est restée ouverte, ce ne sont que quelques centaines de vacanciers qui ont été évacués par une société de transport maritime privée, réquisitionnée pour l’occasion. C’est la SNSM qui a sécurisé cette opération. Nos vedettes ont alors intégré un dispositif de surveillance visant à empêcher tout vol ou pillage, depuis la mer, dans les communes vidées de leurs habitants. Une fois la Garonne partie, c’est la vedette côtière de surveillance maritime Vertonne de la gendarmerie maritime qui a, sous les ordres de la préfecture maritime, assuré la coordination du dispositif sur place. Nous n’étions pas seuls. En effet, patrouillaient avec nous des vedettes de la gendarmerie départementale, des affaires maritimes et aussi de la CRS 14. De notre côté, pour tenir compte des disponibilités professionnelles de nos marins de réserve, nous avons dû effectuer des relèves de personnel et rapidement de matériel.

Quelques jours après le début de l’opération, sont venus nous renforcer les vedettes des ERC de Concarneau et de Piriac-sur-Mer. Plus tard c’est même celle de Sète, en provenance de la FRC de Méditerranée qui nous a rejoints. Dans l’enceinte du port d’Arcachon, nous avons dû monter un petit atelier car bon nombre de nos moteurs ont rapidement atteint leur potentiel d’utilisation et devaient subir une visite d’entretien pour que nous puissions continuer la mission sans risquer de panne. Une nécessité, car nos missions se sont alors étendues. En effet, il nous a été demandé de sécuriser les zones où les avions bombardiers d’eau venaient écoper pour remplir leurs réservoirs. En cette période estivale, certains plaisanciers inconscients, tentaient de s’approcher de ces zones, nous les en avons dissuadés. Ces 12 jours d’opérations intenses ont été très formateurs pour les 58 réservistes opérationnels qui se sont relayés au seins des embarcations des FRC pendant la période. Cette opération nous a permis de valider notre concept d’emploi et de mobilisation, mais aussi nos matériels, nos systèmes de communication et de transmission de données. Enfin, les plus jeunes d’entre nous ont pu s’aguerrir et apprendre à durer même lorsque l’activité est soutenue. »