Expédition polaire : le SM Sacha fait rayonner la Marine en Norvège

Publié le 27/03/2026

Auteur : ASP Clara Molinas

Parti le 19 février en compagnie de l’influenceur @antonin.explorer, le second maître (SM) Sacha a parcouru 100 kilomètres de ski dans le Hallingskarvet National Park. Il nous raconte l’aventure.

Comment avez-vous eu l’idée de cette expédition ?

SM S. : Plus jeune, j’appartenais à une association qui construisait des drakkars et les faisait naviguer le long des côtes danoises et norvégiennes. J’avais donc déjà une appétence pour le Grand Nord. Par ailleurs je suis l’influenceur (ou l’explorateur) Antonin (@antonin.explorer) sur les réseaux depuis longtemps. Aussi quand il a posté cette proposition d’expédition, je lui ai immédiatement répondu. C’était à la fois un défi personnel et une belle façon de faire rayonner la Marine, même dans les coins les plus enclavés.

Comment s’est organisée la mission sur place ?

SM S. : Nous étions une équipe de cinq personnes. Notre guide, Antonin, et notre logisticien, Maxime, ont l’habitude de partir ensemble. Spécialistes des environnements extrêmes, tout comme notre photographe, Hugo, leur expertise et leur maîtrise du stress ont été des atouts majeurs dans le bon déroulement de l’expédition. Organiser la gestion des vivres, choisir l’emplacement du campement pour la nuit, et surtout motiver les troupes étaient leurs missions. Je n’étais pas le seul militaire du groupe, notre responsable « santé », Éléa, évolue au sein d'un régiment d'Artillerie de l'armée de Terre. On a pu se retrouver sur plusieurs de nos valeurs communes, tel que le dépassement de soi et la résilience. Nous avons aussi partagé notre passion pour l’aéronautique.

À quoi ressemble une journée type lors d’une expédition polaire ?

SM S : Après un réveil à sept heures, nous mangeons un petit-déjeuner qui tient bien au corps. Nous attendons le dernier moment pour replier les tentes, seules remparts entre nous et le froid, puis nous enfilons nos skis vers neuf heures. Dans la journée, pas de pause repas, seulement quelques barres énergétiques, il faut continuer à avancer. Enfin, après avoir parcouru entre 10 et 20 km, nous montons le campement et dînons vers 19 h. 

 

Être capable de fournir un effort aussi intense requiert de puiser au-delà de ses limites mentales, comme nous l’enseigne la Marine

 

Quel a été la plus grande difficulté ?

SM S : Au deuxième jour, nous avons affronté une pluie givrante, avec un ressenti -30°C et 50 nœuds de vent. Quelques heures auparavant, nous avons été témoins d’un épisode de white-out (blanc dehors), à cause du ciel bas et de la neige. Nous étions complètement éblouis. Nous avons presque dû nous encorder pour voir la personne devant nous. Nous avons évolué dans ce blanc immaculé pendant des heures, nous étions déconnectés de la réalité. Pour être capable de fournir un effort comme celui-ci, il faut puiser au-delà des limites mentales, comme nous l’enseigne la Marine.

Quel est votre plus beau souvenir ?

SM S : Ma première nuit, passée sur un lac gelé. Préparer nos repas lyophilisés, éclairés seulement par la lumière rouge des lampes frontales, vivre un authentique moment de partage humain puis dormir au-dessus de l’eau, sont des instants qui m’accompagneront toute ma vie. Ce fut vraiment une expérience hors du commun.

Antonin, vous qui avez l’habitude des missions en conditions extrêmes, en quoi cette expédition est-elle différente des autres ?

A : Chaque expédition polaire représente un engagement fort, autant humain que physique, et celle-ci ne fait pas exception. De ce fait, accueillir le SM Sacha au sein de l’équipe est un honneur. Une expédition en totale autonomie avec des conditions polaires, demande cohésion, rigueur et capacité d’adaptation, des qualités que l’on retrouve pleinement dans l’esprit militaire et de la Marine.

 

C’était à la fois un défi personnel, et une façon hors du commun de faire rayonner la Marine, même dans les coins les plus enclavés

Expédition polaire : le SM Sacha à l’épreuve du froid