Djibouti : les commandos veillent sur l'océan Indien

Publié le 20/11/2025

Auteur : EV2 Titouan Lechevallier

Depuis environ 50 ans, les commandos Marine assurent une présence permanente à Djibouti où ils sont pré-positionnés en cas de besoin dans l’Indopacifique.

Image de commandos faisant du sport à Djibouti

Les commandos profitent de ce lieu désertique pour s’aguerrir dans un environnement inhospitalier.

L'ouverture du canal de Suez, en 1869, a fait du détroit de Bab El-Mandeb un lieu hautement stratégique. Sur la rive ouest, l’actuelle République de Djibouti, la France a ainsi toujours été omniprésente.

En 1977, alors que l’indépendance de Djibouti est signée, 4 000 militaires français restent stationnés dans cet ancien territoire d’outre-mer et ancienne colonie française en vertu d’un accord de défense. Parmi ces militaires, des commandos Marine, déjà habitués des lieux à la suite d’escales et de missions sur place depuis cinq ans, s’installent dans l’ancien centre de repos de la Marine, sur les hauteurs de Djibouti, à Arta. « Un camp à taille humaine où il est impossible de se lasser de la vue sur la vallée », racontent tous les commandos qui y sont allés. « Le détachement sur place est prêt à se déployer aux alentours en cas de besoin. Le but est aussi de nous entrainer en milieu désertique, dans un cadre forcément éprouvant », raconte le maître principal Fabien.

Travail commun avec les militaires djiboutiens

Celui-ci revient de son dixième passage à Djibouti mais reste impressionné « des possibilités existantes sur place ». La concentration des trois armées, sous l’autorité des forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ), permet en effet la réalisation régulière de tarpons (parachutage d’une embarcation et de commandos) dans le golfe d’Aden, de patrouilles et de séances de tirs au milieu des montagnes djiboutiennes.

Pour ces exercices comme pour les missions, les commandos sont appuyés par la base navale française de Djibouti. Si la Marine n’a pas de bâtiment stationné en permanence dans ce pays, elle dispose tout de même d’une emprise qui accueille les navires militaires français en escale sous la protection de fusiliers marins. De même, l’armée de Terre et l’armée de l’Air et de l’Espace, avec le 5e RIAOM (régiment interarmes d’outre-mer) et la BA 188 (base aérienne 188), sont d’un précieux soutien.

Les commandos travaillent aussi régulièrement avec les militaires locaux, « de plus en plus demandeurs de se joindre aux exercices, aux parachutages, aux démonstrations… », constate le maître principal. Une cohabitation et une coopération naturelles, très appréciées de tous dans cette zone du monde particulièrement stratégique.