Chesapeake : Catherine Vautrin prend la parole

Publié le 11/09/2026

Auteur : Madame Catherine Vautrin

Samedi 5 septembre 2026, la ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin s’est exprimée avant le spectacle de sons et lumières au Trocadéro, commémorant la bataille de Chesapeake.

« Depuis 1626, lorsque, sous l’impulsion de Richelieu, notre pays se dotait d’une Marine unifiée, organisée et permanente, il envoyait, déjà, un message au monde : un pays qui veut rester libre doit être capable d’agir en mer. La Marine, Amiral, a choisi d’en faire un élan vers l’avenir ; un moment populaire, placé sous le signe de la jeunesse et des territoires ; une année pour rassembler la Nation autour de ses marins. De nos ports à nos villes marraines, de l’Hexagone aux outre-mer, les Français ont pu voir une Marine fière de son héritage, combattante, audacieuse et innovante et profondément humaine.

La Chesapeake désigne d’abord cette baie qui entaille la côte de Virginie. Mais pour la Marine française, cette baie est un cap. Le 5 septembre 1781, dans ces eaux lointaines, l’amiral de Grasse et ses équipages prennent l’initiative pour vaincre. Ils imposent leur volonté remportant un succès tactique qui rend possible une victoire stratégique aux conséquences historiques. En interdisant l’accès de la baie à la flotte britannique, ils permettent aux forces franco-américaines de l’emporter à Yorktown, dernière grande bataille de la guerre d’Indépendance. Deux ans plus tard, en 1783, le traité de Paris est signé. N’ayons pas peur de le dire : l’Amérique doit son indépendance à Brest ! Brest, qui avait armé les hommes et leur volonté pour changer le cours de l’Histoire.

 

N’ayons pas peur de le dire : l’Amérique doit son indépendance à Brest !

 

Aujourd’hui, la Chesapeake rappelle surtout le rôle décisif du combat naval dans un conflit d’ampleur. Elle s’inscrivait dans une vaste manœuvre interalliée et interarmées.

C’est bien la maîtrise de la mer qui a permis, in fine, aux forces à terre de s’imposer. C’est pour cela que, depuis 2022, chaque 5 septembre, la Marine nationale commémore la Chesapeake et en fait sa célébration annuelle.

Au 21ème siècle, les voiles, le bois, les sabres d’abordage et les boulets de canon ont cédé la place à l’acier, aux missiles et aux drones. Mais le message porté par l’amiral de Grasse et ses marins demeure intact. La victoire naît d’un commandement uni, de la qualité de l’entraînement, de l’audace, de l’initiative et du courage des équipages. Elle naît de la capacité à décider dans l’incertitude, à s’adapter dans l’urgence et à tenir dans l’adversité. Elle naît, enfin, de la force morale et de l’esprit d’équipage. Dans un monde plus instable, plus contesté et plus dangereux, le prix de cette leçon est inestimable.

Des grands fonds jusqu’au ciel, elle réunit une combinaison de savoir-faire unique.

La Marine est prête.

 

C’est bien la maîtrise de la mer qui a permis, in fine, aux forces à terre de s’imposer.

 

Prête à défendre nos approches et nos outre-mer, à garantir notre liberté d’action et celle de nos alliés, prête à combattre. Pour conserver l’ascendant, elle conquiert sans cesse de nouvelles marges de manœuvre. Elle transforme le déferlement de l’innovation en puissance de combat et met en œuvre un système de forces hybride et augmenté, où bâtiments, sous-marins, aéronefs, commandos, drones et données conjuguent leurs effets pour voir plus loin, décider plus vite et frapper plus fort. Pourtant aucune technologie ne décide dans le brouillard de la guerre, ne prend le quart au cœur de la nuit ou ne soude un équipage dans l’épreuve.

Au cœur de tout, il y a toujours les marins.

La mission La Fayette 26 l’a démontré avec éclat. Après sa participation à Orion 26, le groupe aéronaval a opéré de l’Atlantique Nord à l’océan Indien, en passant par la Baltique et la Méditerranée, adaptant sa posture aux crises, contribuant à la défense de l’Europe et agrégeant autour du « Charles » plusieurs de nos alliés. Changer de zone, de mission, d’échelle sans perdre sa cohérence ni sa puissance. Cette agilité, cette endurance sont la marque d’une grande Marine. Cette excellence s’incarne ce soir dans les cinq unités qui seront distinguées dans quelques instants par le chef d’état-major de la Marine.

Je salue ainsi : la base d’aéronautique navale de Landivisiau, le groupe de plongeurs-démineurs de la Méditerranée, l’équipage rouge du sous-marin nucléaire d’attaque Améthyste, la base navale d’Abu Dhabi et le commando marine Ponchardier.

De Landivisiau à Abu Dhabi, du ciel aux profondeurs, vos unités donnent à voir toute l’étendue de la Marine et honorent la France.

Soyez-en infiniment remerciés.

Je veux aussi avoir un mot pour les familles. La Nation sait la part qui est la vôtre dans ce qu’elle demande à ses marins. Et elle vous en est reconnaissante. Ce sont ceux qui restent à terre qui permettent aux marins d’accomplir leur devoir en mer.

Ce soir marque le dernier grand rendez-vous du quadricentenaire à Paris.

Ce soir nous prenons un engagement. Celui de transmettre cet héritage à la jeunesse de France. Celui de donner à nos marins les moyens de remplir leurs missions et de vaincre si le combat leur est imposé. Celui de demeurer, dans les quatre siècles qui viennent, une puissance libre. Avec détermination, avec enthousiasme, avec humilité et avec confiance, soyons à la hauteur du monde qui vient.

Marins,
Restez fidèles à ce qui se lit au fronton de chacune de vos unités :

« Honneur, Patrie, Valeur, Discipline. »

Et continuez, sur tous les océans, à protéger la France et les Français. »