Chantiers de l’Atlantique : pouponnière du France Libre
Publié le 24/07/2026
Où la coque du porte-avions France Libre va-t-elle voir le jour ? Direction Saint-Nazaire (44), Chantiers de l’Atlantique.

Cela fait plus de 160 ans que la construction navale fait partie du paysage à Saint-Nazaire. Les Chantiers de l’Atlantique résultent de la fusion, en 1955, des Ateliers et Chantiers de la Loire et des Chantiers de Penhoët, dont les activités remontent pour tous les deux au XIXe siècle. C’est au fond d’une forme de 900 mètres de long que la coque du porte-avions France Libre sera assemblée. Les Chantiers de l’Atlantique sont chargés de l’architecture navale, de la conception, de la fabrication, du montage et des essais de la plateforme et de ses grands systèmes : coque, propulsion électrique, fonction vie (logement, restauration, hôpital, loisirs, traitements des déchets), mais aussi installations de manœuvre et enfin, installations auxiliaires (lutte incendie, air comprimé, eau douce…).
Après la phase d’étude, celle de la construction concrète débutera. En effet, la découpe de la première tôle est programmée pour 2031, la mise sur cale l’année suivante et la mise à flot en 2033. Le porte-avions devrait ensuite quitter Saint-Nazaire en 2035 pour rallier Toulon et y poursuivre son armement. Habitués à la construction de navires XXL, les Chantiers de l’Atlantique abordent le France Libre avec la sérénité d’une entreprise expérimentée. De la conception à la livraison clé en main, en passant par l’intégration et les essais, le chantier nazairien déploie sur ce programme son savoir-faire d’excellence qui y fait sa réputation mondiale. Et si construire un porte-avions ne se fait pas tous les jours, c’est précisément ce qui en fait une fierté particulière pour les équipes.
Un outil industriel unique
Le site des Chantiers s’étend sur 100 hectares, plusieurs formes y permettent la construction, dont la plus grande d’Europe. Les Chantiers c’est aussi 22 000 m2 d’ateliers, des capacités de levage allant jusqu’à 1 400 tonnes, 75 000 tonnes d’acier transformées par an, 4 000 salariés et plus de 5 000 sous-traitants. 75 % de l’activité est consacrée à la construction de paquebots, 15 % à celle de dispositifs de production d’énergies renouvelables en mer et enfin 10 % à celle de navires militaires. Des bâtiments de combat, cela fait longtemps que les Chantiers de l’Atlantique en fabriquent. Le premier d’une longue liste de plus de 300, était la canonnière Arquebuse en 1884. L’un des plus connus est le cuirassé Lorraine en 1916. Plus récemment sont sortis des Chantiers de l’Atlantique : le Monge, les six frégates de surveillance, les trois porte-hélicoptères amphibies et la série des quatre bâtiments ravitailleurs de force en cours de construction. Enfin, le France Libre ne sera pas le premier porte-avions à sortir des cales de Saint-Nazaire puisque c’est là que le Foch a vu le jour.