Centre opérationnel des forces sous-marines : le sous-marin de pierre
Publié le 18/12/2025
Ce n’est qu’après avoir franchi plusieurs portes sécurisées que l’on découvre la succession des locaux en enfilade et la courbure des cloisons qui constituent leur univers.

Pas de doute, on est à bord d'un sous-marin. Ils sont 110 et constituent l’équipage du centre opérationnel des forces sous-marines (Centops FSM).
Le Centops FSM a deux casquettes. La première est organique, c’est la division opération de la force océanique stratégique. La deuxième ? Il est le contrôleur opérationnel, sous le commandement du chef d’état-major des Armées, des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). Il offre enfin, aux contrôleurs opérationnels régionaux un appui au contrôle opérationnel des sous-marins nucléaires d’attaque (SNA).
Parler aux sous-marins
Pour superviser les opérations, il faut être capable de parler aux sous-marins, raison pour laquelle la moitié de l’effectif est constituée de spécialistes des télécommunications. « Je vois arriver beaucoup de jeunes, souvent sortant de l’école » explique le lieutenant de vaisseau Pascal, chef du bureau N6, « le Centops FSM est mal connu par la communauté des spécialistes des transmissions mais lorsque l’on est affecté chez nous on pleure deux fois, quand on embarque et quand on débarque. Beaucoup demandent à prolonger ». Les matériels spécifiques à la transmission vers les sous-marins demandent un haut degré de technicité qui nécessite des formations, souvent dispensées par les industriels et les plus jeunes ont rapidement des postes à responsabilités. Le Centops est en liaison permanente avec les centres de transmissions marine qui, grâce à leurs systèmes d’émissions basse fréquence, permettent d’atteindre les sous- marins.
Gestionnaires de l’eau
L’activité du Centops s’articule également autour d’autres fonctions. Le renseignement tout d’abord, essentiel pour les sous-marins en mer mais également pour les décideurs politiques ou militaires. La situation opérationnelle des sous-marins, est scrutée 24h/24 depuis le « central opérations » de ce sous-marin de pierre que l’équipage appelle «la cuve ». C’est le barycentre du Centops, là où se tiennent les briefings. Enfin il ne faut pas oublier les gestionnaires de l’eau, dont le rôle est de s’assurer, tant au niveau national qu’international que les sous-marins restent dans la zone d’opération qui leur a été attribuée. Une tâche essentielle pour prévenir les abordages.