400 kilomètres à vélo pour 400 ans : ça roule pour nos marins !
Publié le 09/07/2026
Épisode 2. Du 18 au 22 mai, sept marins du service logistique de la Marine de Toulon (SLMT) ont sillonné le département du Var sur 400 kilomètres à vélo pour rencontrer des élèves de la région.

L’année dernière, l’état-major de la Marine avait incité toutes les unités à s’investir en 2026 pour célébrer les 400 ans de la Marine. Les marins du SLMT ont ainsi décidé de parcourir 400 kilomètres à vélo pour rendre hommage à l’Institution et en ont profité pour intervenir dans des collèges varois, en ciblant ceux qui étaient le plus proche de leur parcours. L’objectif était de sensibiliser les collégiens à l’importance des espaces marins français et les différentes actions de la Marine nationale. Cols bleus a interrogé l’enseigne de vaisseau de première classe (EV1) Franck sur ce périple pédagogique et sportif.
Comment avez-vous eu cette idée de parcourir 400 kilomètres à vélo ?
EV1 Franck : Étant également officier en charge du sport au sein du SLM Toulon, j’ai voulu marquer cet anniversaire de manière sportive. Etant moniteur en club VTT, je sais ce que peuvent apporter ces moments où nous roulons ensemble, l’esprit d’équipage. Pour que ce défi garde un lien avec la célébration des 400 ans, nous avons décidé ensemble de parcourir 400 kilomètres dans le Var en cinq jours. Six marins de mon unité, tous aussi passionnés de vélo les uns que les autres, ont intégré cette aventure, je pense ainsi à Christopher, particulièrement heureux de pouvoir terminer ainsi sa carrière après de longues années au service de la Marine Il nous a confié qu’il ne pouvait pas mieux finir ses années de service qu’en exerçant sa passion pour le vélo en faisant en même temps honneur à l’Institution.
Nous avons sollicité les ateliers gravures et bois du SLMT pour confectionner des médaillons en bronze sur support en bois. Il y a seulement 20 exemplaires, 7 réservés aux participants, les autres ont été offerts aux établissements scolaires et aux casernes qui nous ont chaleureusement accueillis.

Avez-vous été aidés par la Marine ? Aviez-vous des sponsors ?
EV1 F. : Nos vélos sont les nôtres car nous pratiquons déjà ce sport pendant notre temps libre. Pour le matériel, nous avons eu la chance d’avoir comme partenaire la marque varoise Ekoï, spécialisée dans les équipements cyclistes, ils ont d’ailleurs équipé des équipes du Tour de France. Ils nous ont soutenus en nous équipant de tenues cyclistes performantes et floquées aux 400 ans de la Marine.
Pourquoi aller à la rencontre des collégiens du département ?
EV1 F. : Nous voulions créer du lien avec la jeunesse de nos territoires, en particulier dans des villes éloignées des bases navales. Nous avons pu constater la différence de réactions entre les élèves habitués à voir des marins ou des militaires dans leur ville, comme à Toulon, et ceux qui n’en voient jamais et qui par conséquent ont une appréhension en voyant les uniformes.
Nous voulions créer du lien avec la jeunesse de nos territoires, en particulier dans des villes éloignées des bases navales
L’objectif principal de notre intervention était de présenter la Marine mais aussi de proposer un complément aux cours donnés dans les collèges, en particulier en géographie et en géopolitique. Nous avons surtout mis l’accent sur les territoires outre-mer comme les Terres Australes et Antarctiques françaises (TAFF) car elles ne sont pas forcément étudiées en classe. Les élèves n’ont pas conscience que la France est présente sur tous les océans, et qu’elle dispose de la deuxième zone économique exclusive (ZEE) au monde. La France est le pays ou le soleil ne se couche jamais !

Comment ont réagi les collégiens pendant vos interventions ?
EV1 F. : Il n’y a eu aucun temps mort dans les questions. Certains étaient tellement intéressés qu’ils sont même restés pendant la récréation pour nous poser d’autres questions. Je pense que nous sommes arrivés à briser la glace et les mettre plus à l’aise. Nous avons pu aborder des thèmes actuels comme les détroits ou encore le trafic maritime. Je pense qu’ils ont également été surpris de voir qu’au-delà du statut militaire, les membres d’un équipage peuvent devenir de vrais amis. C’est sur eux qu’on peut compter en mer.
Quelles étaient leurs principales questions ?
EV1 F. : Les principales questions portaient sur les voies d’accès permettant de rejoindre la Marine. Certains se demandaient par exemple quel diplôme ils devaient avoir pour entrer dans l’Institution. Nous avons pu leur montrer que même si beaucoup de marins s’engagent après leur baccalauréat, certains y entrent dès 16 ans avec comme seul diplôme le brevet des collèges. Nous avons aussi mis en avant l’évolution de carrière une fois devenu marin. Avec du temps, s’ils sont déterminés et qu’ils s’en donnent les moyens, des mousses peuvent évoluer jusqu’à devenir commandant. Cela s’est déjà vu dans la Marine. Nous avons évoqué les nombreux métiers qui composent la Marine, plus de 80, chacun peut donc trouver ce qui lui convient, la Marine offre des possibilités d’évolution uniques.
Pourquoi leur avoir diffuser le film Protéger ?
EV1 F. : Je savais que le film allait sortir cet été donc j’ai demandé à la Marine si je pouvais le diffuser en avance aux élèves, en classe. C’était un bon support pour les échanges avec les jeunes car ce film balayait quasiment la totalité des missions que la Marine peut être amenée à réaliser.
Qu’est-ce que cela représente pour vous d’être marin pendant cette année de célébration des 400 ans ?
EV1 F. : J’ai à mon actif près de 26 ans de Marine aujourd’hui. Je suis donc très heureux et très fier d’être encore dans l’Institution durant cette année de célébration. Je n’envisage absolument pas de quitter la Marine. J’apprécie les relations humaines présentes dans ce métier, mais aussi tous les voyages qu’on peut réaliser. Les missions auxquelles j’ai participé ont marqué ma vie à jamais.