4 000 mètres d’altitude pour les 400 ans de la Marine
Publié le 11/06/2026
Le 15 avril dernier, quatre instructeurs de l’École de plongée et de l’École militaire de haute montagne (EMHM) ont atteint le sommet du Mont Blanc à ski.

Cols bleus est allé à la rencontre du chef de détachement de haute montagne, le premier maître (PM) Florian. Il nous explique pourquoi et comment il a organisé cette excursion impressionnante. « Je me suis dit que ça pouvait être symbolique de réaliser cet exploit physique en cette année des 400 ans de la Marine nationale. » Il y a deux ans, il avait déjà monté le Mont Blanc en hommage au PM Alain Bertoncello. Il connaît la montagne et les risques qui y sont associés. En novembre 2025, il présente son projet au contre-amiral David Samson, directeur du Pôle écoles Méditerranée. C’est accepté. En avril, les conditions météorologiques sont favorables pour réaliser l’ascension. L’hiver a été bon, il y a eu de belles chutes de neige, la montée est viable.
Comment avez-vous constitué votre groupe ? Quelle a été votre préparation ?
PM Florian : Lorsque j’ai parlé du projet à mes collègues, trois volontaires se sont désignés rapidement pour se joindre à moi. Ils avaient les profils requis pour participer à une telle aventure. Physiquement et mentalement, ça tenait la route. Je suis qualifié « Chef de détachement de Haute montagne » et dans le civil moniteur de ski alpin. Je pratique très régulièrement l’alpinisme et le ski de randonnée. Mes camarades ont également un bon niveau de ski, ce qui était primordiale.
Au-delà de 4 000 mètres, on est plus vigilants car on commence à manquer d’oxygène
Pourquoi avoir choisi le Mont Blanc ?
PM F. : Il s’agit du plus haut massif français, cela est très symbolique. Et pour l’avoir gravi par « les 3 Monts » il y a deux ans, cela avait énormément de valeur de le faire par la Face Nord (voie historique des Grands Mulets) en cette année de célébrations des 400 ans. C’est aussi très challengeant et exigeant.
Racontez-nous l’excursion.
PM F. : Nous sommes montés en deux jours au sommet. Le premier jour à 3 000 mètres d’altitude pour rejoindre le refuge des Grands Mulets. C’est la première acclimatation à l’altitude. Nous y avons passé la nuit. Vers 3h30 le lendemain, nous sommes partis du refuge pour monter à 4 800 mètres. Au-delà de 4 000 mètres, on est plus vigilants car on commence à manquer d’oxygène. Nous progressons moins vite et chaque pas représente un effort. À 11h30, nous avons atteint le sommet. C’est là que nous avons pu poser avec le drapeau des 400 ans de la Marine. Ensuite, nous avons mis 1h30 à redescendre dans 30 centimètres de neige fraîche.
Quels étaient les risques de cet exploit ? Avez-vous rempli vos objectifs ?
PM F. : Le plus dangereux sur une progression glaciaire est la chute en crevasse et le départ de séracs (gros blocs de glace en amont de notre position). Le moment le plus risqué de l’ascension reste l’arête des bosses, une succession de ressauts parfois raides et à l’ambiance grandissante. Pour cette étape, nous mettons les skis sur le dos, puis nous nous déplaçons en crampons au pieds et piolet à la main. Le risque de chute est important. Je me suis mis en tête de ligne pour tracer le chemin de mes camarades derrière. Nous sommes fiers de notre ascension, nous avons rempli notre objectif. Arriver avec le drapeau en haut, c’est marquant visuellement. C’est ce que nous voulions.